Des discussions de haut niveau se sont tenues ce dimanche 23 août en Jordanie entre la Syrie et Israël, sous l'égide des États-Unis. L'objectif principal de cette rencontre était de désamorcer une crise régionale, consécutive à une récente frappe israélienne en territoire syrien. Damas a clairement exprimé sa volonté de ne pas être entraîné dans les tensions croissantes entre Israël et la Turquie, cherchant à maintenir la stabilité sur son propre sol.
L'incident à l'origine de cette urgence diplomatique est une attaque aérienne menée par Israël sur une base située dans le nord de la Syrie. Selon les autorités israéliennes, cette frappe visait à empêcher le déploiement de troupes turques dans la région. Ankara, de son côté, a catégoriquement démenti toute présence militaire sur cette base. Cette action a été vivement condamnée par Damas, qui a réaffirmé sa position de neutralité face aux désaccords entre les deux autres nations.
Les pourparlers ont réuni des figures clés : le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, et le chef du Mossad, les services de renseignement extérieur israéliens, Roman Gofman. Des sources proches des négociations, citées par l'AFP, ont indiqué que l'une des propositions majeures discutées était la mise en place d'une "salle des opérations spéciales" en Jordanie. Cette entité, supervisée par les États-Unis, aurait pour mission d'éviter tout affrontement en Syrie, y compris ceux impliquant la Turquie. L'agence de presse officielle syrienne Sana a confirmé la tenue de ces entretiens parrainés par Washington, visant à une "désescalade après le récent bombardement israélien".
Ces négociations représentent les premières depuis plusieurs mois et s'inscrivent dans un contexte de relations bilatérales tendues. Depuis l'arrivée au pouvoir de l'islamiste Ahmed al-Charaa fin 2024, Israël a multiplié les frappes en Syrie et a déployé des troupes dans la zone tampon du Golan, revendiquant la création d'une "zone de sécurité". Parallèlement, les liens entre Israël et la Turquie se sont détériorés sous la présidence de Recep Tayyip Erdogan, qui a récemment qualifié le Premier ministre israélien de "dictateur antisémite".
Les États-Unis ont exercé une pression constante pour favoriser le dialogue, ayant déjà orchestré plusieurs cycles de discussions directes. Des négociations antérieures en janvier avaient conduit à l'établissement d'un mécanisme de partage de renseignements et à l'idée d'une salle d'opérations conjointe en Jordanie pour la coordination sécuritaire et le contrôle frontalier. L'envoyé spécial américain en Syrie, Tom Barrack, a d'ailleurs qualifié la situation d'"escalade inutile", soulignant l'urgence de ces efforts diplomatiques.
