Chaque dimanche de cet été, notre chroniqueur Thibault Matha explore les multiples facettes de l'intelligence artificielle et son intégration dans le quotidien. Pour son dernier épisode, il a mis l'IA à l'épreuve dans un domaine inattendu : le coaching sportif, sollicitant ses conseils pour une épreuve de course à pied.
Thibault Matha, faisant partie des millions de Français qui pratiquent la course, s'est inscrit à une course de 14 kilomètres. Un défi de taille, car il ne s'entraîne pas avec la régularité de la majorité des coureurs et n'avait jamais parcouru une telle distance. Avec seulement une semaine avant le départ, il s'est tourné vers ChatGPT pour obtenir une aide inattendue. Face à son manque de préparation spécifique, mais avec une activité physique régulière (natation, vélo), il a interrogé l'IA sur la pertinence de maintenir sa participation. La réponse de ChatGPT s'est voulue rassurante, indiquant que le danger ne réside pas dans la distance elle-même, mais dans l'absence de préparation adaptée ou la présence de facteurs de risque comme des problèmes cardiaques, respiratoires, un surpoids important, ou si la distance maximale jamais courue était très faible.
Malgré sa capacité à courir jusqu'à 8 kilomètres, l'IA a clairement indiqué qu'une semaine ne permettrait pas de gains significatifs en performance. Elle a plutôt conseillé une approche de "gestion de la fatigue" et de "maintien" : une sortie modérée de 5 à 6 kilomètres et une autre très légère de 3 à 4 kilomètres, espacées de quelques jours avant la course. L'accent était mis sur un rythme lent permettant la conversation, et l'IA a formellement déconseillé toute tentative de rattrapage par des entraînements intenses ou des sorties longues.
Pour aborder l'aspect mental et éviter l'épuisement précoce, l'intelligence artificielle a suggéré une stratégie de découpage de la course en tronçons : les premiers 5 kilomètres comme échauffement, les 5 suivants pour maintenir un rythme stable, et les derniers 4 kilomètres pour s'accrocher, avec la possibilité de marcher si nécessaire. Des conseils pratiques comme l'hydratation régulière aux ravitaillements et la vigilance face à des signaux d'alerte (vertiges, douleurs aiguës, malaise) ont également été prodigués. L'IA a souligné que le principal écueil serait de s'emballer dès le départ.
Thibault Matha a confirmé l'utilité de ces directives, tant pour la préparation que pour la gestion de l'épreuve. Il a toutefois nuancé son propos, reconnaissant que si l'IA aurait pu offrir des analyses plus poussées avec des données supplémentaires (comme le tracé du parcours), l'expérience a démontré ses limites. Au-delà des conseils stratégiques, l'effort physique et la détermination personnelle restent irremplaçables. L'intelligence artificielle, aussi performante soit-elle, ne peut encore se substituer à la force des jambes et à la volonté humaine pour franchir la ligne d'arrivée.