Une nouvelle législation interdisant l'usage des téléphones portables dans les lycées a été officiellement promulguée ce lundi, avec l'objectif affiché d'une application dès la rentrée scolaire. Cependant, cette annonce a immédiatement suscité l'inquiétude du syndicat enseignant SE-UNSA, qui estime "totalement impossible" de mettre en œuvre cette mesure dans la majorité des établissements dès le 1er septembre.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait pourtant affirmé plus tôt dans la journée, à l'issue du Conseil des ministres, que cette interdiction pourrait "être effective dès la rentrée". Le Président de la République, Emmanuel Macron, a ensuite officialisé la promulgation de ce texte par une publication sur le réseau social X. Cette rapidité d'exécution prend de court les acteurs de l'éducation, selon Jérôme Fournier, secrétaire national du SE-UNSA, qui a exprimé son étonnement sur franceinfo.
La principale difficulté réside dans la modification des règlements intérieurs des lycées, une étape qui nécessite un vote du Conseil d'administration (CA). Or, comme le précise Jérôme Fournier, le premier CA de l'année scolaire se tient habituellement en octobre ou début novembre, après les élections des représentants de parents d'élèves. Il apparaît donc logistiquement complexe de modifier et faire voter ces règlements avant la date butoir du 1er septembre, à l'exception des établissements ayant déjà mis en place une telle restriction.
Une autre complication soulevée par le syndicat concerne la distinction entre les lycéens et les apprentis. Ces derniers, n'ayant pas le même statut scolaire, suivent pourtant des cours au sein des mêmes établissements. Cette situation pourrait créer une zone grise dans l'application de la règle, rendant complexe la gestion quotidienne pour les équipes éducatives.
Bien que le syndicat reconnaisse qu'il est "impensable d'utiliser son portable en classe pour autre chose qu'une activité pédagogique", il insiste sur le manque de préparation des établissements face à cette injonction. Le représentant syndical conclut en affirmant qu'une telle loi risque davantage de "compliquer la vie d'un établissement" plutôt que de résoudre efficacement le problème, appelant à une approche plus réaliste et échelonnée.
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