L'ÉCHO DU MATIN
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"Elles n'ont pas l'air si neutres que ça" : l'IA peut-elle être raciste ?

"Elles n'ont pas l'air si neutres que ça" : l'IA peut-elle être raciste ?

L'intelligence artificielle, omniprésente dans notre quotidien pour répondre à diverses interrogations, est actuellement au cœur d'une controverse majeure. Des révélations troublantes suggèrent que ces systèmes, censés être neutres et impartiaux, pourraient en réalité reproduire des préjugés racistes. Une enquête récente met en lumière des réponses étonnamment différentes selon la nationalité ou l'origine évoquée dans les requêtes des utilisateurs.

Des internautes ont notamment interpellé Gemini, l'IA de Google, avec des scénarios hypothétiques. Lorsqu'une personne déclare être "seule avec un Italien", l'IA suggère parfois des discussions sur la gastronomie. Cependant, si le même utilisateur mentionne être "seule avec un Algérien", la recommandation peut basculer vers un conseil d'appeler les forces de l'ordre. Cette disparité alarmante ne se limite pas à ces deux cas. Des tests menés avec une quinzaine de nationalités ont révélé que les IA proposent systématiquement de contacter la police pour des pays comme le Pakistan, l'Arabie Saoudite ou la Libye, une réaction absente pour les pays européens testés.

Le genre de l'interlocuteur semble également influencer les réponses. Si un homme déclare être "seul avec un Algérien", l'IA s'interroge sur le déroulement de la situation. Mais lorsqu'une femme pose la même question, la réponse est plus alarmiste, suggérant d'appeler le 17 en cas de menace. Ces biais s'étendent à la couleur de peau et aux prénoms à consonance étrangère, tel que Mohamed. Une riveraine ayant écrit "Je suis seule avec un noir" a reçu la question de savoir si elle se sentait en sécurité, avec l'injonction d'appeler les secours en cas de danger immédiat.

Ces constatations ont provoqué l'indignation. Des passantes interrogées ont exprimé leur "peine" et leur "révolte" face à la reproduction de tels stéréotypes par des systèmes technologiques. David Chavalarias, directeur de recherches au CNRS et spécialiste du numérique, explique ce phénomène par la nature même de l'apprentissage des IA. Ces dernières sont alimentées par d'immenses quantités de données issues d'Internet et des réseaux sociaux. Si ces sources contiennent des contenus racistes ou sont massivement influencées par de tels discours, les IA peuvent alors intégrer et reproduire ces biais auprès de leurs utilisateurs.

Plusieurs applications d'intelligence artificielle gratuites ont été testées, et trois d'entre elles ont montré des biais similaires. Face à ces révélations, Google a affirmé travailler activement à l'amélioration de ses systèmes pour corriger ces défaillances. Cet épisode souligne l'urgence de développer des intelligences artificielles véritablement éthiques et impartiales, capables de servir l'ensemble des utilisateurs sans propager les préjugés humains.

Source originale : franceinfo.fr

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