Le "Conseil de paix" pour Gaza, mandaté par l'administration américaine pour superviser un plan de règlement dans la bande de Gaza, a adressé un avertissement formel au Hamas ce mardi 25 août. L'organisation a sommé le mouvement islamiste de cesser toute activité militante, y compris le lancement de cerfs-volants, de drones et de ballons vers le territoire israélien. Cette mise en garde intervient après qu'Israël a menacé d'intensifier ses opérations militaires en cas de poursuite de ces actions, ravivant les tensions dans la région.
Les avertissements israéliens avaient été formulés dès dimanche par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz. Ces derniers avaient clairement indiqué que l'État hébreu n'hésiterait pas à durcir sa riposte dans la bande de Gaza si les lancements d'engins volants ne prenaient pas fin. Les médias israéliens ont rapporté la découverte de plusieurs cerfs-volants au cours des derniers jours, dont quatre samedi et un autre abattu dimanche par l'armée, portant le total à une dizaine. Bien que ces dispositifs n'aient pas transporté d'explosifs, ils réveillent le douloureux souvenir d'incendies dévastateurs dans des terres agricoles du sud d'Israël, déclenchés par des engins similaires par le passé. L'armée israélienne suspecterait le Hamas de chercher à tester la réaction de l'État hébreu. Ces incidents surviennent dans des localités déjà profondément marquées par les attaques du 7 octobre 2023.
Un responsable du "Conseil de paix", s'exprimant sous couvert d'anonymat, a souligné mardi que "toute activité militante à Gaza doit cesser, y compris le fait de faire voler des cerfs-volants". Il a précisé que ce message avait été transmis directement au Hamas via le mécanisme établi. Cependant, le même responsable a également rappelé à Israël son devoir de respecter le cessez-le-feu, affirmant que l'action militaire ne doit pas excéder une réponse à des menaces "réelles et imminentes".
Du côté du Hamas, la réaction a été vive. Bassem Naim, membre de son bureau politique, avait déjà déclaré dimanche que ces cerfs-volants étaient l'œuvre "d'enfants innocents" en quête de leur enfance au milieu des décombres. Il a vivement critiqué l'avertissement du "Conseil de paix" mardi, le qualifiant d'audacieux. M. Naim a réaffirmé que le Hamas n'était pas à l'origine de ces lancements, s'indignant que les activités d'enfants soient qualifiées d'armées alors que, selon lui, le Premier ministre Netanyahu "continue à tuer et détruire quotidiennement" malgré l'accord de paix soutenu par les États-Unis. Cet accord, bien qu'accepté par le Hamas, a été critiqué par les dirigeants israéliens.
La situation demeure donc extrêmement tendue, le "Conseil de paix" tentant de naviguer entre les exigences sécuritaires d'Israël et les revendications du Hamas. Cet épisode des cerfs-volants symbolise la fragilité persistante du cessez-le-feu et la complexité des efforts diplomatiques visant à stabiliser la bande de Gaza.
