Damas, Syrie – Les Forces démocratiques syriennes (FDS), l'ancienne armée des Kurdes de Syrie, ont officiellement annoncé leur dissolution ce mardi 25 août. Cette décision majeure, communiquée par leur chef Mazloum Abdi, intervient dans le cadre d'un accord avec le président Ahmed al-Charaa, marquant une étape significative vers la réunification du pays.
L'annonce a été faite par Mazloum Abdi depuis le palais présidentiel de Damas, où il a déclaré la « fin de la mission » des FDS et leur dissolution en tant que « force militaire indépendante ». Cette déclaration fait suite à un processus d'intégration des institutions kurdes – civiles, militaires, administratives et sécuritaires – au sein de l'État syrien, achevé près de huit mois après la conclusion de l'accord initial avec Damas. Mazloum Abdi a précisé que cette intégration concernait l'incorporation de leurs combattants au sein des brigades de l'armée syrienne, répondant ainsi à la volonté du président Charaa de consolider la souveraineté nationale.
Les Forces démocratiques syriennes, créées en 2015 avec le soutien de Washington, ont joué un rôle crucial dans le paysage syrien. Elles constituaient la principale force armée de l'administration autonome kurde et se sont distinguées par leur combat acharné contre les jihadistes du groupe État islamique, bénéficiant de l'appui de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. À leur apogée, elles regroupaient environ 100 000 combattants, tant kurdes qu'arabes, et contrôlaient de vastes étendues du nord et du nord-est de la Syrie, des régions stratégiques et riches en ressources pétrolières. Mazloum Abdi a rappelé leur rôle essentiel dans la libération de nombreuses localités syriennes, d'abord du régime baasiste, puis du terrorisme de Daech.
Cette évolution est perçue comme un événement « absolument historique » par l'envoyé spécial américain en Syrie et ambassadeur des États-Unis en Turquie, Tom Barrack. Sur la plateforme X, il a salué une « véritable intégration » où « d'anciens adversaires aux points de vue divergents élaborent une solution diplomatique visant à renforcer la souveraineté de la Syrie ». Pour de nombreux experts, la dissolution de cette force, réputée pour son entraînement et son organisation, marque la fin d'une ère pour les Kurdes syriens. Ces derniers avaient longtemps nourri des aspirations à l'autonomie, avant que la chute de Bachar al-Assad en 2024 ne conduise Washington à réorienter son soutien vers les nouvelles autorités de Damas, désormais favorables aux États-Unis.
Mazloum Abdi a conclu en soulignant que « les circonstances ont changé aujourd'hui et le pays est entré dans une nouvelle phase placée sous le signe de la paix et de la participation ». Cette dissolution symbolise donc non seulement la fin d'une entité militaire indépendante majeure, mais aussi le début d'un chapitre nouveau et incertain pour la Syrie et ses communautés.
