L'ÉCHO DU MATIN
Maghreb

Élections 2026 : une bataille électorale ouverte dans la circonscription d’Anfa, au cœur de Casablanca

La circonscription d'Anfa, l'une des huit zones électorales majeures de la préfecture de Casablanca, se prépare à une compétition électorale particulièrement intense en vue des élections de 2026. Malgré sa taille relativement modeste au sein de la capitale économique, cette circonscription est le théâtre d'une rivalité accrue, s'agissant du cœur névralgique de la ville. L'enjeu est de taille, puisque quatre sièges parlementaires y sont à pourvoir, chacun d'entre eux étant âprement disputé.

Anfa se distingue en effet comme un pôle économique majeur, abritant le centre financier de Casablanca ainsi que des marchés commerciaux emblématiques tels que Derb Omar, Derb Ghallef et le Morocco Mall. À cela s'ajoute une dimension touristique significative, incarnée par la corniche d'Aïn Diab et ses nombreux établissements hôteliers. Cette concentration d'intérêts et d'activités confère à l'obtention d'un mandat parlementaire dans cette zone une difficulté singulière.

Plusieurs facteurs viennent complexifier davantage la donne pour les prochaines échéances. L'opération de relogement des habitants de l'ancienne médina, menée dans le cadre du projet d'aménagement de l'avenue Royale, modifie le paysage démographique et électoral. Parallèlement, l'entrée en scène de nouveaux candidats de poids bouleverse les stratégies établies par les partis politiques et leurs représentants habituels, rendant les calculs traditionnels obsolètes.

L'analyse des précédentes élections, celles du 8 septembre 2021, révèle un profond remaniement des forces politiques. Le Rassemblement National des Indépendants (RNI) a alors réussi à s'imposer, décrochant la première place et inversant la tendance observée lors du scrutin de 2016. Son candidat, Mohamed Chbak, président de l'arrondissement d'Anfa, a obtenu un score significatif de 16 146 voix. Le Parti de l'Istiqlal est arrivé en deuxième position avec 6 139 voix pour Hassan Berkani, tandis que le Parti Authenticité et Modernité (PAM) a obtenu le troisième siège grâce à Saïd Naciri et ses 3 713 voix. Le Parti de la Justice et du Développement (PJD), qui avait remporté deux sièges en 2016, a vu son influence diminuer, n'obtenant qu'un seul siège en 2021 avec Abdessamad Hayker et 2 999 voix. Les formations de gauche, quant à elles, n'ont pas réussi à franchir le seuil d'obtention d'un siège, malgré les efforts du Parti Socialiste Unifié (2 162 voix), de l'Union Socialiste des Forces Populaires (1 707 voix) et de la Fédération de la Gauche Démocratique (1 359 voix).

Ces résultats de 2021 contrastent fortement avec ceux du 7 octobre 2016, qui avaient marqué un tournant avec l'ascension du PJD et la performance notable de la Fédération de la Gauche Démocratique, qui avait alors réussi à faire élire son candidat Mustapha Chennawi. La circonscription d'Anfa a donc connu une évolution rapide de sa carte électorale, témoignant de la volatilité de l'électorat.

En somme, la circonscription de Casablanca-Anfa demeure un champ de bataille politique complexe et dynamique. Les élections de 2026 s'annoncent particulièrement disputées, avec des enjeux économiques et démographiques qui continueront de façonner une compétition intense pour les sièges parlementaires.

Source originale : fr.hespress.com

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