Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a fermement condamné des "actes de violence criminels" commis par des colons israéliens en Cisjordanie occupée, une prise de position jugée inhabituelle. Cette rare critique intervient après l'attaque d'un village palestinien, Qusra, survenue samedi 29 août, au milieu d'une période de tensions croissantes dans la région.
Selon les informations de l'armée israélienne, des dizaines de colons ont pris d'assaut Qusra, près de Naplouse, où les accès avaient déjà été bloqués par des groupes de colons plus tôt en août, entraînant des condamnations internationales. Un résident, Youssef Abdul Karim Hassan, a témoigné auprès de l'AFP qu'un petit groupe de colons avait d'abord approché des villageois travaillant sur une maison, avant de revenir en nombre, encerclant les Palestiniens et leur jetant des pierres. Des forces israéliennes, incluant des soldats et la police aux frontières, ont été déployées sur place, identifiant des dizaines d'émeutiers retranchés dans une habitation palestinienne où se trouvaient également des résidents. L'armée a signalé des blessés parmi les Palestiniens et a procédé à la saisie de véhicules, qui serviront de preuves dans l'enquête ouverte par la police.
Benjamin Netanyahu n'a pas mâché ses mots, dénonçant ces "actes de violence criminels" perpétrés dans deux localités palestiniennes. Il a fustigé "une poignée d'émeutiers qui enfreignent la loi", leur reprochant de nuire considérablement à la communauté juive respectueuse des lois, d'entraver les missions de Tsahal et d'affecter la réputation d'Israël sur la scène internationale. Cette déclaration marque une rare distance vis-à-vis d'une frange de la population souvent considérée comme une base électorale importante.
La Cisjordanie est occupée par l'armée israélienne depuis 1967. Plus de 500 000 Israéliens y résident dans des colonies, considérées comme illégales au regard du droit international, côtoyant environ trois millions de Palestiniens. Si la colonisation s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens, elle a connu une accélération notable depuis l'arrivée de la coalition actuelle, incluant l'extrême droite, fin 2022. Cette dynamique contribue à un climat de tensions et de confrontations régulières dans le territoire.
La condamnation de ces violences par le chef du gouvernement israélien souligne la gravité de la situation et la pression croissante, tant interne qu'internationale, face aux agissements de certains colons. Elle met en lumière les défis complexes auxquels est confrontée la région, où la cohabitation entre populations palestiniennes et israéliennes reste marquée par un cycle persistant de violences et de revendications territoriales.