L'ÉCHO DU MATIN
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"Vendre une fille pour sauver les autres" : le calvaire des fillettes afghanes mariées de force

Jusqu'au 13 septembre, le festival international de photojournalisme Visa pour l'image, qui se tient à Perpignan, offre une fenêtre poignante sur une réalité tragique en Afghanistan. Le travail d'Élise Blanchard, une photojournaliste aguerrie, y est exposé, révélant la détresse de familles contraintes à des choix déchirants : marier leurs filles mineures pour échapper à une pauvreté écrasante.

Intitulé « Afghanistan : les fillettes vendues pour survivre aux sécheresses », ce reportage met en lumière l'effondrement des moyens de subsistance dans les zones rurales. Dans ces régions, la survie dépend directement des récoltes et du bétail. Cependant, des sécheresses récurrentes et imprévisibles dévastent les champs de blé et privent le bétail de nourriture, plongeant les foyers dans un cycle d'endettement. Face à cette situation désespérée, le mariage d'une jeune fille, en échange d'une somme appelée « prix de l'épouse », devient pour beaucoup une solution ultime, qualifiée par la photojournaliste d'« économie de survie ».

Élise Blanchard, qui documente la vie des Afghans depuis une décennie, y compris sous le régime des Talibans depuis 2021, décrit un phénomène malheureusement répandu. Elle a rencontré des fillettes promises dès l'âge de neuf, onze ou douze ans à des hommes qu'elles ne connaissent pas, certaines devenant mères avant même leurs treize ans. La photojournaliste témoigne de scènes déchirantes, évoquant des pères en larmes et des mères brisées par ces décisions. Un père lui a confié vendre « une fille pour sauver les autres », illustrant le dilemme insoutenable auquel ces familles sont confrontées. L'absence d'écoles dans certaines zones rurales aggrave le manque d'alternatives, les pères exprimant leur impuissance face à l'impossibilité d'offrir une éducation à leurs enfants.

Ce système, bien que non formalisé par des règles écrites, est une triste réalité quotidienne dans de nombreuses communautés. Il n'y a pas de limite d'âge ou de différence d'âge pour les mariages, ce qui rend la situation encore plus précaire pour ces jeunes filles. Le reportage poignant d'Élise Blanchard, présenté au public de Perpignan, offre un aperçu crucial de cette crise humanitaire et sociale, soulignant l'absence criante d'espoir pour ces enfants et leurs familles piégées dans un cycle de pauvreté et de désespoir.

Source originale : france24.com

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