Le débat sur l'âge de départ à la retraite refait surface avec acuité en cette rentrée de septembre 2026, alors que le gouvernement s'apprête à élaborer le projet de budget pour l'année 2027 et que les candidats à la prochaine élection présidentielle de 2027 affûtent leurs propositions. Au cœur de cette discussion, la question de l'espérance de vie en bonne santé et son éventuelle indexation sur l'âge de la retraite, comme cela se pratique dans plusieurs nations européennes.
Parmi les figures politiques ayant relancé ce débat, la présidente Les Républicains de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a apporté son soutien à la proposition de Bruno Retailleau, également candidat LR, d'indexer l'âge de départ à la retraite sur l'espérance de vie en bonne santé. Dans une intervention télévisée du 31 août, Madame Pécresse a estimé qu'il faudrait viser un âge de départ à 65 ans, avançant que « en France, on a une espérance de vie en bonne santé qui est aussi, voire meilleure, que les pays qui nous entourent ». Une affirmation qui mérite d'être examinée à la lumière des données statistiques.
L'analyse de cette assertion révèle une réalité plus nuancée, où la position de la France varie significativement en fonction de la méthode d'évaluation retenue. Deux indicateurs principaux sont couramment employés pour comparer l'espérance de vie en bonne santé à travers l'Europe : l'espérance de vie en bonne santé à la naissance et celle à 65 ans. C'est ce dernier qui semble corroborer les propos de Valérie Pécresse. Selon les dernières informations d'Eurostat, le service statistique de la Commission européenne, une personne de 65 ans en France peut espérer vivre encore 10,9 années sans incapacité majeure. Ce chiffre est légèrement supérieur à la moyenne européenne, qui se situe à 10,3 années. La France se positionne ainsi à la 12e place sur 27, devançant des pays comme l'Allemagne (8,6 ans) et le Portugal (9,8 ans), mais restant derrière la Suisse (11,2 ans), la Belgique (11,8 ans) et l'Espagne (12,5 ans). Il est important de noter que cet indicateur ne prend en compte que les individus ayant déjà atteint l'âge de 65 ans, excluant de facto ceux décédés avant.
Cependant, l'indicateur de l'espérance de vie en bonne santé à la naissance dresse un tableau différent, qui tend à contredire l'affirmation de la présidente francilienne. Cet indice intègre l'ensemble des problèmes de santé et aléas de la vie depuis la naissance. En 2024, il s'établit à 63,6 ans en France, d'après Eurostat, soit près de deux années en dessous de la moyenne européenne. La France se situe ainsi derrière l'Italie (73,4 ans), l'Espagne (68,6 ans), la Suède (67,5 ans) et la