L'ÉCHO DU MATIN
Géopolitique

Au G20 Finance, les ministres plaident pour la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz

Au G20 Finance, les ministres plaident pour la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz

Les ministres des Finances du G20, réunis pendant deux jours à Asheville, en Caroline du Nord, ont conclu leurs discussions ce mardi 1er septembre en soulignant l'importance cruciale de la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz. Cette position, défendue par la majorité des membres, intervient dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes et a été l'un des points saillants d'un sommet également marqué par la présence controversée du ministre russe des Finances.

Au cœur des préoccupations, le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique dont la sécurité et la prévisibilité sont jugées "essentielles pour assurer une croissance durable", selon le communiqué final émanant des organisateurs américains. Les participants ont ainsi plaidé pour une navigation sûre et sans entrave dans cette zone, actuellement sous tension en raison d'un conflit larvé entre l'Iran et Washington, l'Iran ayant déjà bloqué le détroit par le passé. Cependant, cet appel à la prudence n'a pas fait l'unanimité.

En effet, la Chine s'est démarquée en refusant d'approuver le paragraphe relatif à Ormuz. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, n'a pas caché sa déception face à l'absence d'un consensus total, espérant initialement un communiqué unanime. Sans nommer directement Pékin, il a clairement désigné "le pays avec le plus important et insoutenable surplus de compte courant" comme l'opinion dissidente. La Chine a également rejeté d'autres sections du communiqué, notamment celles abordant les déséquilibres mondiaux, une référence voilée à sa balance commerciale excédentaire, ainsi que le cadre commun de règlement de la dette souveraine des pays en crise.

Parallèlement à ces discussions économiques et maritimes, la présence du ministre russe des Finances, Anton Silouanov, a suscité un certain malaise, notamment chez les délégations européennes. Habituellement considéré comme persona non grata par les pays occidentaux en raison du conflit ukrainien, le représentant de Moscou a participé au sommet sur invitation de Washington. Scott Bessent, figure influente de l'administration actuelle, a justifié cette démarche par la nécessité de dialoguer avec toutes les parties pour "mettre fin à cet horrible conflit", affirmant que la présence russe n'avait "pas eu d'impact" sur l'issue des négociations. Néanmoins, l'homologue canadien, François-Philippe Champagne, a reconnu un "malaise, sans aucun doute", alors que les Européens s'inquiètent des bombardements incessants de la Russie sur l'Ukraine.

En définitive, cette réunion du G20 Finance à Asheville a mis en lumière les préoccupations partagées concernant la stabilité économique mondiale et la liberté des échanges, tout en révélant les profondes divisions géopolitiques persistantes. Si un large consensus a pu être trouvé sur des enjeux cruciaux comme la navigation internationale, l'incapacité à obtenir une unanimité sur certains points, notamment avec la Chine, et les tensions autour de la présence russe, rappellent la complexité de la diplomatie multilatérale actuelle.

Source originale : france24.com

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