Les autorités israéliennes ont annoncé mardi avoir interpellé un haut responsable de la sécurité intérieure du Hamas à Gaza, Moueïn al-Arabid, lors d'une opération militaire d'envergure qui a également coûté la vie à au moins quatre personnes, dont des enfants, dans la ville de Gaza. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé cette arrestation, affirmant que M. al-Arabid avait été appréhendé près de son domicile dans l'enclave palestinienne.
Selon le communiqué diffusé par le bureau du Premier ministre, Moueïn al-Arabid est présenté comme l'un des dirigeants les plus importants du mouvement islamiste. Il lui est reproché d'avoir été chargé de la dissimulation et du déplacement d'otages, de la protection de hauts responsables du Hamas, ainsi que du renforcement et de la tentative de restauration des capacités opérationnelles de l'organisation. Après son arrestation par l'armée israélienne et le Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, il aurait été transféré en Israël pour être interrogé.
Le ministère de l'Intérieur du Hamas a réagi en dénonçant une « opération criminelle » et a contesté la version israélienne des faits. Il a affirmé que Moueïn al-Arabid avait été « enlevé » par les forces israéliennes après avoir été blessé lors d'un affrontement. Toujours selon le Hamas, l'épouse de M. al-Arabid aurait été tuée et plusieurs de ses enfants blessés durant l'intervention. Une source sécuritaire palestinienne a également réfuté auprès de l'AFP toute implication de Moueïn al-Arabid dans la gestion des otages israéliens, transférés à Gaza après l'attaque du 7 octobre, précisant que son rôle était de « superviser la lutte contre les collaborateurs » d'Israël.
L'opération a été marquée par une intensité militaire rare. Tôt mardi, des témoins et des sources sécuritaires palestiniennes ont fait état d'une dizaine de frappes aériennes et de tirs de drones nourris ciblant l'ouest de Gaza-ville. La Défense civile, un service de secours opérant sous l'autorité du Hamas, a rapporté que ces bombardements menés par des avions de chasse israéliens avaient causé la mort de quatre personnes, dont trois enfants, et fait sept blessés. Des médias israéliens ont par ailleurs évoqué la participation d'une force alliée à Israël, identifiée comme la force Abou Shabab, à cette incursion.
Face à cette escalade, le Hamas a indiqué s'être entretenu avec les médiateurs impliqués dans le conflit, ainsi qu'avec Nikolaï Mladenov, haut-représentant du « Conseil de paix » de l'ancien président américain Donald Trump pour Gaza. L'arrestation de ce haut responsable et les violences qui l'ont accompagnée soulignent la persistance des tensions et des affrontements dans la bande de Gaza, où les récits des événements restent profondément divergents entre les parties.
