Le gouvernement sud-coréen s'apprête à transformer l'accès à l'intelligence artificielle en un nouveau service public, offrant un accès gratuit à cette technologie pour l'ensemble de ses citoyens. Dès la rentrée de 2026, Séoul lancera officiellement son initiative baptisée "IA pour tous", avec l'ambition de démocratiser l'utilisation des agents conversationnels et d'en faire un pilier de la vie quotidienne.
Cette démarche audacieuse s'inscrit dans la vision des autorités qui considèrent l'intelligence artificielle générative comme un élément désormais essentiel de l'existence moderne. À l'instar des services fondamentaux comme la santé ou l'éducation dans les nations développées, l'accès à l'IA devrait, selon cette philosophie, être un droit universel. L'objectif est clair : éviter que les habitants les moins favorisés ne soient privés des avantages des outils d'IA les plus performants, faute de pouvoir s'acquitter d'un abonnement payant. La population sud-coréenne montre déjà un grand intérêt pour ces innovations, avec plus de 20 millions de personnes sur 52 millions utilisant régulièrement l'IA, dont un quart paie pour des services premium, un taux bien supérieur à celui observé en France.
Pour concrétiser cette ambition nationale, le gouvernement prévoit de débloquer un budget spécifique, dont le montant exact reste à déterminer. L'exécutif entend également soutenir activement les grandes entreprises technologiques locales – SK Telecom, Kakao et KT ayant déjà été sélectionnées – dans la création d'une plateforme d'IA souveraine. Cette stratégie vise à garantir l'indépendance technologique du pays, en évitant toute dépendance vis-à-vis des géants étrangers, qu'ils soient américains ou chinois. Dans cette optique, l'État a même annoncé son intention d'acquérir directement pour ces entreprises les puces informatiques ultra-puissantes, notamment celles produites par le groupe américain Nvidia, indispensables au fonctionnement de l'IA.
Concrètement, l'initiative "IA pour tous" se matérialisera dans un premier temps sous la forme d'un chatbot gratuit, un assistant virtuel capable de répondre à une multitude de questions. Ce service sera intégré à l'ensemble des administrations publiques, permettant aux citoyens de l'utiliser quotidiennement pour des démarches variées : prendre un rendez-vous médical, compléter une déclaration d'impôts, rechercher un logement ou encore élaborer des supports pédagogiques pour leurs enfants. Les phases de test débuteront dans les jours à venir, avec un déploiement complet à l'échelle nationale prévu avant la fin de l'année 2026.
En faisant de l'intelligence artificielle un service accessible à tous sans frais, la Corée du Sud se positionne comme un pionnier mondial. Elle aspire à ériger un modèle où la technologie avancée n'est plus un luxe, mais un instrument démocratique au service de chaque citoyen, redéfinissant ainsi les contours des services publics à l'ère numérique.