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Au Liechtenstein, le Parlement soutient une initiative pour légaliser l'avortement

Au Liechtenstein, le Parlement soutient une initiative pour légaliser l'avortement

Les parlementaires du Liechtenstein ont apporté leur soutien, ce mercredi 2 septembre, à une initiative citoyenne visant à légaliser l'interruption volontaire de grossesse durant les trois premiers mois de la gestation. Cette décision, prise à la plus courte majorité possible au sein du Landtag, la chambre législative de la principauté, marque une avancée significative pour les partisans d'une réforme de la législation sur l'avortement. Toutefois, cette approbation parlementaire se heurte déjà à l'opposition déclarée du prince héréditaire Alois, qui dispose d'un droit de veto et s'est dit fermement opposé à cette proposition.

Le vote, intervenu après un long débat à Vaduz, la capitale, a été acquis par 13 voix sur les 25 membres présents. L'initiative, portée notamment par Tatjana As'Ad, 28 ans, membre du parti de gauche Freie Liste, avait recueilli un nombre impressionnant de 4 970 signatures, soit près de cinq fois le seuil légal requis dans cette minuscule nation alpine. Ce soutien populaire est particulièrement notable dans un pays qui ne compte qu'environ 41 000 habitants, dont 35 % sont des résidents étrangers permanents.

Actuellement, la législation du Liechtenstein est l'une des plus strictes d'Europe en matière d'avortement. L'interruption de grossesse y est formellement interdite, sauf dans des circonstances exceptionnelles comme un danger avéré pour la vie de la mère ou une grossesse résultant d'un viol. Les peines encourues sont sévères : une femme ayant recours à l'avortement risque jusqu'à un an de prison, tandis qu'une personne pratiquant l'acte en dehors du cadre légal s'expose à une peine pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement. Cette rigueur s'explique en partie par le statut du catholicisme comme religion d'État dans la principauté.

L'initiative parlementaire relance un débat déjà ancien dans le pays. En 2011, un référendum sur la légalisation de l'avortement avait vu 52 % des électeurs s'y opposer. Bien qu'une motion visant à soumettre la présente initiative à un nouveau référendum ait été rejetée par le Parlement après le vote, la position du prince Alois demeure déterminante. Son droit de veto constitutionnel pourrait potentiellement bloquer la mesure, et l'issue de cette proposition reste donc incertaine face à la volonté exprimée par le chef de l'État.

Source originale : france24.com

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