Paris, le 3 septembre — La Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) a pris position ce jeudi sur la question sensible de l'encadrement des loyers. Par la voix de son président, Loïc Cantin, la fédération a fermement dénoncé les propriétaires qui ne respectent pas les plafonds légaux, tout en qualifiant le dispositif actuel de "contre-productif" et de trop onéreux pour l'État en matière de contrôle. Cette double critique intervient dans un contexte de crise du logement jugée sans précédent.
Les déclarations de la Fnaim font suite à la publication d'un baromètre de la Fondation pour le logement, qui révèle une situation préoccupante. Selon cette étude, près de quatre annonces locatives sur dix affichent des loyers supérieurs aux limites autorisées dans les zones soumises à l'encadrement. La dégradation serait particulièrement marquée à Paris, où 46% des annonces seraient non conformes, et atteindrait même 61% dans certaines communes de Seine-Saint-Denis, une situation qualifiée d'"inédite".
Loïc Cantin a toutefois exprimé des réserves quant à la méthodologie de ce baromètre, estimant que l'échantillon de 10 000 annonces immobilières, collectées entre août 2025 et août 2026 sur diverses plateformes et 70 villes, ne serait "nullement représentatif". Il a suggéré que les vérifications devraient plutôt porter sur des baux effectivement signés. Néanmoins, il a clairement condamné les propriétaires qui "s'affranchissent des règles", attribuant ces dérives à une "crise du logement extrêmement forte" qui rend difficile l'accès au logement pour les jeunes ménages et les étudiants. Le marché locatif est actuellement "à sec", selon lui, expliquant que ces abus sont "inévitables" face à la pénurie.
Outre son opposition au principe même de l'encadrement des loyers, jugé inefficace et coûteux à mettre en œuvre, le président de la Fnaim a insisté sur la nécessité d'une meilleure application des lois existantes. Il a notamment pointé du doigt la présence persistante d'annonces pour des logements classés G en matière de performance énergétique, pourtant interdits à la location, qualifiant cette situation d'"inadmissible".
Face à ce qu'il décrit comme la "crise du logement la plus forte depuis l'après-guerre", Loïc Cantin a lancé un appel aux futurs candidats à la présidentielle. Il les exhorte à présenter des "propositions adaptées" pour mettre un terme à cette situation "très inquiétante", soulignant l'urgence d'une action politique concrète pour résoudre la pénurie de logements et réguler un marché sous forte tension. L'encadrement des loyers, en l'absence d'une nouvelle législation, devrait prendre fin en novembre 2026.
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