L'ÉCHO DU MATIN
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Parents avec bébés, ados... En Corée du Sud, de plus en plus de cafés excluent certaines catégories de clients

Séoul, Corée du Sud – La scène se répète avec une fréquence croissante dans les cafés sud-coréens : l'affichage d'interdictions ciblant des catégories spécifiques de clients. Ce phénomène, qui a débuté avec les "no kid zones", prend désormais une ampleur inédite et suscite un vif débat sur la fracture sociale et générationnelle qui traverse le pays.

La "rentrée 2026" a été marquée par un incident particulièrement révélateur. Le propriétaire d'un café a affiché une notice interdisant l'accès aux étudiants, notamment les collégiens et lycéens masculins. Sa justification ? Le comportement jugé insupportable de ces jeunes, citant un langage grossier et le désordre qu'ils causeraient, perturbant ainsi les autres clients. Cette initiative, rapidement relayée sur les réseaux sociaux, a ravivé la controverse autour de ces pratiques d'exclusion.

L'interdiction des adolescents n'est en réalité que la dernière manifestation d'une tendance plus large. Le mouvement a commencé il y a plusieurs années avec les "no kid zones", des centaines d'établissements, en particulier à Séoul, où les parents avec de jeunes enfants sont persona non grata. L'argument principal avancé par les propriétaires est le désir d'offrir un environnement paisible, libre des pleurs ou des cris de bébés, même dans des lieux de consommation courante et non des établissements haut de gamme.

Mais le spectre des exclusions s'est depuis élargi. Certaines interdictions visent désormais les grands-mères, accusées d'être trop bruyantes lors de leurs réunions amicales et de monopoliser les tables pendant de longues heures après avoir commandé une seule boisson bon marché. D'autres cafés refusent l'entrée aux hommes d'une quarantaine ou cinquantaine d'années, perçus comme particulièrement impolis envers le personnel.

Malgré les critiques, ces interdictions restent légales en Corée du Sud. Si la Commission nationale des droits de l’Homme a bien qualifié les "no kid zones" de discrimination injustifiée, elle ne dispose pas du pouvoir d'imposer des sanctions ou des changements. Face à cette situation, quelques élus locaux et associations s'organisent pour dénoncer cette fragmentation croissante de la société. Des municipalités distribuent désormais des autocollants "kid friendly" pour soutenir les cafés accueillants, tandis que l'association "Mamans en politique" œuvre pour sensibiliser l'opinion publique aux dérives de ces politiques d'exclusion. Le débat fait rage, soulignant les tensions entre le droit des commerçants à définir leur clientèle et les principes d'inclusion sociale.

Source originale : franceinfo.fr

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