L'ÉCHO DU MATIN
Maghreb

"Hokoumat L’Mondial", et le sport dans tout ça ?

À l'approche des élections législatives, le paysage politique marocain révèle une certaine carence en matière de programmes clairs et détaillés de la part des partis en lice. Alors que les défis nationaux sont nombreux, allant de la crise migratoire aux tensions frontalières, en passant par le chômage des jeunes et les profondes inégalités sociales et territoriales, les propositions concrètes peinent à émerger. Parmi les sujets qui méritent une attention particulière figure le sport, un domaine qui, au cours des dernières années, a bénéficié d'une vision royale porteuse de succès, notamment en renforçant le rayonnement du sport national et l'image du Maroc à l'international.

Il est désormais crucial que cette impulsion royale se traduise par des actions gouvernementales cohérentes et une politique publique clairement définie. Pourtant, une analyse des rares ébauches de programmes disponibles montre que le sport n'est pas identifié comme un axe de développement stratégique. Il semble plutôt être instrumentalisé à travers des slogans réducteurs et dénués de substance, à l'image de "Hokoumat L’Mondial", présenté comme une panacée sans que les moyens ou la méthode ne soient précisés. Les élections représentent un moment privilégié pour établir un contrat moral et politique entre les citoyens et leurs représentants, fondé sur un projet de société tangible, dont les contours restent à définir par les partis.

Cette tribune se propose de contribuer au débat en explorant le potentiel du sport au-delà des clichés. Loin d'être une solution miracle à tous les maux, le sport, compte tenu des investissements financiers significatifs qui lui sont alloués, devrait être perçu comme un véritable levier de politique publique, tant sur le plan social qu'économique, plutôt qu'un simple supplément d'âme. Une problématique urgente à laquelle le Maroc est confronté est le chômage, particulièrement celui des jeunes. À cet égard, le sport offre un puissant moteur d'insertion professionnelle, comme l'avait déjà souligné le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) en 2022.

L'organisation de grands événements sportifs par le royaume a transformé l'environnement professionnel du secteur, créant une multitude de métiers allant de l'encadrement à la gestion d'installations, en passant par l'animation ou la vente de matériel. L'État a d'ailleurs investi dans la création d'établissements d'enseignement supérieur dédiés aux métiers du sport. La société civile joue également un rôle fondamental, avec des organisations comme TIBU Africa qui réalisent un travail remarquable en formant des entraîneurs, des éducateurs et des entrepreneurs, ciblant notamment les jeunes sans emploi ni diplôme. Il serait pertinent d'entendre les propositions des partis concernant le soutien à ces ONG et l'élaboration d'un cadre juridique pour l'entrepreneuriat social. Enfin, la question de la violence dans les stades, un autre problème social lié au sport, exige également une approche globale, à la fois sociale, économique et logistique.

Source originale : fr.hespress.com

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