Dakar a été le théâtre ce samedi d'une importante mobilisation citoyenne, baptisée la "Marche des paniers vides", où des manifestants sont descendus dans les rues pour exprimer leur profond mécontentement face à l'envolée des prix au Sénégal. Initiée par des influenceurs locaux via le mouvement "Trente jours pour le juste prix", cette action visait à interpeller le gouvernement et à exiger l'adoption de mesures concrètes pour alléger le fardeau des ménages.
Le symbole des paniers vides illustrait la difficulté croissante des familles à se procurer les biens de première nécessité. Les protestataires ont pointé du doigt l'impact de l'inflation sur l'ensemble des dépenses quotidiennes, citant notamment les denrées alimentaires, le coût de l'électricité, les tarifs du carburant et les loyers. De nombreux participants ont déploré le décalage grandissant entre des revenus stagnants et une inflation galopante, affirmant que la cherté de la vie actuelle est devenue insoutenable pour une grande partie de la population.
Face à cette grogne, le gouvernement a déjà pris quelques initiatives. Le président Bassirou Diomaye Faye a récemment insisté, lors d'un conseil des ministres, sur la nécessité de réguler les prix des loyers. Par ailleurs, l'État a mis fin au gel des importations d'oignons, espérant ainsi provoquer une baisse des prix de ce produit essentiel. Cependant, ces annonces sont jugées largement insuffisantes par les manifestants, qui estiment que des actions plus audacieuses sont requises pour répondre à l'ampleur de la crise.
Cette mobilisation intervient dans un contexte économique national particulièrement délicat. Le Sénégal est confronté à un ralentissement économique et à un endettement conséquent, pesant lourdement sur ses finances publiques. Malgré ces défis, un accord avec le Fonds Monétaire International pour un programme d'assistance de 2,2 milliards de dollars, s'étalant de 2026 à 2029, a été finalisé le 1er septembre, offrant une perspective de soutien financier.
La question de la dette et de la politique économique alimente également les tensions sur la scène politique intérieure. Ce sujet sensible a notamment été au cœur des désaccords entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, désormais à la tête du Parlement après avoir été écarté de ses fonctions en mai par le chef de l'État. Sonko avait en effet exprimé son opposition à toute restructuration de la dette nationale. La "Marche des paniers vides" souligne ainsi la pression continue exercée sur les autorités pour qu'elles trouvent des solutions durables à la crise du coût de la vie.