L'ÉCHO DU MATIN
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"On a des balles de ping-pong" : en Belgique, la canicule pèse sur la production de pommes de terre et raccourcit les frites

La Belgique, réputée mondialement pour ses frites, fait face à une situation inédite cet automne. Les conditions climatiques extrêmes de l'été, marquées par une sécheresse prolongée et des vagues de chaleur intenses, ont lourdement impacté la récolte de pommes de terre, menaçant de raccourcir la taille des frites et potentiellement d'en augmenter le coût pour les consommateurs. Ce phénomène est d'autant plus préoccupant que le plat pays est le premier exportateur mondial de frites surgelées, faisant de la longueur de ses tubercules un critère de qualité essentiel.

Les rendements ont été significativement affectés, et surtout, la taille des pommes de terre n'a pas atteint les dimensions habituelles. Les usines de transformation exigent des tubercules d'un diamètre supérieur à 50 millimètres pour pouvoir découper les frites longues tant appréciées. Or, cette année, de nombreux champs ne produiront que des pommes de terre bien en deçà de ces standards. Cette situation est directement imputable aux aléas climatiques qui ont empêché les plants de se développer correctement.

Mathieu Comijn, agriculteur exploitant 500 hectares de pommes de terre près d'Amay, en province de Liège, témoigne de la gravité de la situation. Il confie n'avoir jamais vu un tel désastre, expliquant que la persistance de la sécheresse a été particulièrement néfaste pour les cultures. Dès la mi-août, période où les pommes de terre sont normalement presque prêtes à être transformées en frites, il a constaté que les tubercules avaient la taille de balles de ping-pong, bien loin des calibres recherchés par l'industrie.

La variété Bintje, une pomme de terre ancestrale très prisée pour la confection des frites belges, a été particulièrement vulnérable. Moins résistante aux chocs climatiques modernes, elle a souffert plus que les autres. En conséquence, les frites qui seront servies dans les cornets à partir de l'automne pourraient être plus courtes d'environ trois à quatre centimètres. Si les rendements s'avèrent aussi médiocres que le craignent les producteurs, une hausse des prix à l'approche de l'hiver est également à prévoir, ajoutant une pression supplémentaire sur les ménages.

Cette conjoncture met en lumière la fragilité des productions agricoles face au réchauffement climatique et ses conséquences concrètes sur un produit emblématique de la culture belge. Les amateurs de frites devront s'adapter à des portions potentiellement plus courtes, reflétant les défis auxquels est confrontée l'agriculture nationale.

Source originale : franceinfo.fr

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