L'ÉCHO DU MATIN
Finance

Bernard Arnault 1/4 : Le chasseur

Bernard Arnault, figure emblématique de l'industrie du luxe et PDG du groupe LVMH depuis 1989, est aujourd'hui l'homme le plus fortuné de France. Ce premier volet de son portrait explore les débuts de son parcours, sa soif d'excellence et ses premières prises de contrôle, des étapes fondatrices qui ont forgé sa réputation de conquérant dans le monde des affaires.

Issu d'une famille d'industriels de Roubaix, ce polytechnicien a d'abord rejoint l'entreprise familiale de BTP, Ferret-Savinel. Cependant, il ne se voyait pas cantonné à ce secteur. Au milieu des années 1970, il convainc son père de réorienter l'activité vers la promotion immobilière touristique, donnant naissance à Férinel. Ce virage stratégique, axé sur la vente de petits logements en bord de mer et à la montagne, constitue son premier succès majeur. En 1981, alors que la gauche arrive au pouvoir, Bernard Arnault tente sa chance aux États-Unis, une expérience qui s'avérera infructueuse mais qui n'entamera en rien son ambition.

De retour en France, il réalise sa toute première acquisition en rachetant le magazine *Le Chasseur français* à Bernard Tapie, un monument de la presse de l'époque. Peu après, il repère une opportunité majeure en ciblant le géant textile Boussac, alors en difficulté, mais abritant une pépite : la maison Christian Dior. Mettant plusieurs dizaines de millions de francs sur la table, il promet de maintenir les effectifs. Une promesse non tenue, puisque l'opération aboutira à la suppression de quelque 8 000 emplois, provoquant un vif sentiment de trahison parmi les salariés. Bernard Arnault justifiera cette décision par la nécessité impérative pour une entreprise de générer des profits.

Sa méthode, souvent décrite dans le monde des affaires comme celle d'un "tueur" ou d'un "carnassier" dévorant ses "proies", ne laisse pas de place aux sentiments. L'homme d'affaires assume ses choix, se remémorant avec satisfaction le chemin parcouru, loin des carrières administratives envisagées par ses camarades de Polytechnique. Cette détermination inébranlable le pousse vers de nouvelles conquêtes.

Au tournant des années 1990, Bernard Arnault jette son dévolu sur une alliance alors disparate mais prometteuse : l'union entre Louis Vuitton et Moët Hennessy. Manœuvrant habilement pour exploiter les dissensions internes entre les dirigeants, il parvient à mettre la main sur ce qui allait devenir le premier groupe mondial du luxe. Ce parcours initial révèle un homme d'affaires audacieux et pragmatique, dont la vision stratégique affirmée et l'approche sans concession ont rapidement posé les fondations de l'empire LVMH.

Source originale : franceinfo.fr

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