L'ÉCHO DU MATIN
Maghreb

Marchés mondiaux : le pétrole frôle les 100 dollars, les Bourses accusent le coup

Marchés mondiaux : le pétrole frôle les 100 dollars, les Bourses accusent le coup

Les marchés financiers mondiaux connaissent une journée difficile ce mercredi, marqués par une prudence grandissante. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, conjuguées à une envolée des prix de l'énergie, pèsent lourdement sur l'appétit pour le risque des investisseurs. Cette situation ravive les craintes d'une résurgence de l'inflation, ce qui pourrait potentiellement entraîner de nouvelles hausses des taux d'intérêt directeurs. Un économiste de la Deutsche Bank, Jim Reid, observe que les marchés semblent faire du surplace cette semaine, l'augmentation des coûts de l'énergie étant un facteur déterminant.

Au cœur de ces préoccupations se trouvent les développements récents au Moyen-Orient. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont revendiqué ce mercredi des attaques contre une base militaire américaine en Jordanie et une vingtaine de navires dans le Golfe. Ces actions seraient une riposte aux frappes américaines qui ont ciblé des pétroliers iraniens près de l'île de Kharg. Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, souligne que ces échanges de frappes entre l'Iran et les États-Unis représentent une menace directe pour les approvisionnements mondiaux en pétrole, alors que les deux puissances se disputent l'influence sur le détroit d'Ormuz, un passage maritime stratégique crucial. Cette instabilité conduit les investisseurs à anticiper une perturbation prolongée des approvisionnements, et par conséquent, une période de prix élevés pour l'énergie.

Le prix du baril de pétrole brut s'approche dangereusement du seuil psychologique des 100 dollars. Ce matin, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, affichait une hausse de 1,59% pour atteindre 99,48 dollars le baril, tandis que son équivalent américain, le WTI, prenait 1,37% à 94,30 dollars. Selon Mme Brooks, si le prix du pétrole dépasse les 100 dollars, les banques centrales pourraient se voir contraintes de relever leurs taux d'intérêt. Une telle mesure augmenterait les coûts pour les entreprises et les consommateurs, ce qui pourrait, à terme, freiner la croissance économique. Parallèlement, le marché européen du gaz naturel n'est pas épargné, avec une hausse incessante des prix. Le contrat à terme du TTF néerlandais, étalon en Europe, a grimpé de 2,75%, atteignant 77,92 euros le mégawattheure, son plus haut niveau depuis janvier 2023. Cette augmentation est d'autant plus préoccupante que l'Europe cherche activement à reconstituer ses stocks, qui ne sont actuellement remplis qu'à 67%, un niveau inférieur à la moyenne saisonnière. Ces éléments confirment, pour Jim Reid, une manifestation des pressions inflationnistes dans plusieurs secteurs.

Naturellement, les marchés boursiers ressentent également la pression de ces risques géopolitiques. Kathleen Brooks explique que le contexte actuel est particulièrement sensible aux variations des anticipations de taux d'intérêt et des prix de l'énergie, notamment en Europe et en Asie, où de nombreuses économies dépendent fortement des importations d'hydrocarbures. En début de séance européenne, la Bourse de Paris reculait de 0,61%, Francfort perdait 0,50%, Londres 0,22% et Milan 0,39%. L'Asie, en revanche, a montré une certaine résilience. Les marchés fortement exposés aux valeurs technologiques ont bénéficié de l'enthousiasme persistant pour le secteur des semi-conducteurs. Ainsi, l'indice Kospi de Séoul a clôturé en hausse de 1,40%, porté notamment par le géant SK Hynix (+3,51%), tandis que le Nikkei de Tokyo terminait la séance avec une légère baisse de 0,19%.

En somme, l'incertitude règne sur les marchés mondiaux. La combinaison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et l'envolée des prix de l'énergie crée un environnement de forte volatilité, où les craintes d'inflation et de resserrement monétaire dominent les préoccupations des investisseurs.

Source originale : fr.hespress.com

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