Le président serbe Aleksandar Vucic a officialisé ce mercredi la dissolution du Parlement national, ouvrant la voie à des élections législatives anticipées fixées au 25 octobre. Cette décision intervient en réponse à un mouvement de contestation citoyenne persistant, né d'un événement tragique survenu fin 2024, et vise à obtenir un nouveau mandat clair de la part des électeurs serbes.
Les prochaines élections devaient initialement se tenir en décembre 2027, mais le paysage politique serbe est agité depuis novembre 2024. C'est l'effondrement mortel d'un auvent à la gare de Novi Sad, qui a coûté la vie à 16 personnes, qui a catalysé une colère généralisée. Des centaines de milliers de citoyens, emmenés par un mouvement étudiant, ont dénoncé ce qu'ils perçoivent comme le résultat d'une corruption endémique dans un pays qui aspire à l'adhésion à l'Union européenne. Les demandes initiales pour une enquête approfondie et transparente sur la tragédie se sont rapidement transformées en une exigence d'élections anticipées.
Le président Vucic, une figure dominante de la politique serbe depuis plus d'une décennie, a souvent évoqué la possibilité de ce scrutin. Il a justifié sa décision en affirmant que le pays avait connu des "turbulences importantes sur la scène politique intérieure" et qu'il était nécessaire d'obtenir des "résultats électoraux qui reflètent clairement la volonté du peuple". Réélu chef de l'État en 2022 pour un mandat de cinq ans, le président de 56 ans a récemment annoncé son intention de démissionner de ses fonctions présidentielles après avoir convoqué les législatives, pour se lancer dans la campagne électorale. Ce geste suggère son ambition de retrouver le poste de Premier ministre.
Alors que l'opposition dénonce une "campagne électorale" avant l'heure, Aleksandar Vucic parcourt déjà le pays, s'entretenant avec les citoyens sur des projets économiques et leurs besoins. Parallèlement, le gouvernement a dévoilé un plan de soutien économique de 980 millions d'euros, destiné à diverses catégories de la population, dont les retraités et les vétérans de guerre dès le 14 septembre. Cette enveloppe vise à atténuer les effets de la "crise énergétique" et de la "hausse des prix". Ces élections anticipées s'annoncent donc comme un moment crucial pour la Serbie, avec des enjeux politiques et sociaux majeurs.
