L'ÉCHO DU MATIN
Maghreb

Législatives : les artistes investissent la campagne électorale

À l'approche des élections législatives, fixées au 23 septembre, la scène politique marocaine observe une mobilisation accrue et remarquée du monde artistique. Réalisateurs, comédiens et diverses figures culturelles investissent activement la campagne électorale, apportant une dimension nouvelle aux rencontres partisanes. Leur présence est d'autant plus significative que plusieurs de ces personnalités jouissent d'une large popularité auprès de la population marocaine, conférant une visibilité particulière aux formations qu'elles soutiennent.

Cette implication prend des formes variées. Certains artistes s'affichent en tant que candidats ou militants engagés, tandis que d'autres offrent un appui ponctuel à des candidats spécifiques ou à des responsables politiques. Parmi les visages connus, le réalisateur Amine Nassour, ainsi que les acteurs Abdellah Ferkous et Farid Regragui, ont été aperçus lors d'un événement organisé par le Parti Authenticité et Modernité (PAM). D'autres ont opté pour une participation plus structurée : c'est le cas de Saïd Aït Baja et Saad Tssouli, qui militent au sein du Rassemblement national des indépendants (RNI) via la Fédération nationale des artistes RNistes. L'artiste Fatima Ouchay, quant à elle, a rejoint les rangs du Parti de la justice et du développement (PJD), dont elle représente les couleurs dans la région de Casablanca-Settat. Au-delà des rassemblements, plusieurs personnalités artistiques contribuent également à la production de capsules vidéo promotionnelles pour les différentes formations, comme Soukaina Darabil, Zouhour Slimani et Benaïssa Jirari.

Pour des figures comme Saïd Aït Baja, l'engagement partisan va bien au-delà d'un simple soutien électoral passager. L'acteur a souligné dans une récente déclaration que son adhésion à une formation politique est le fruit d'une conviction profonde, qu'il décrit comme un "choix politique et intellectuel". Il affirme souscrire pleinement au programme et à la vision de la société défendus par son parti. Cette démarche se distingue, selon lui, d'une sollicitation ponctuelle où l'artiste serait uniquement mobilisé pour une échéance électorale, avant de se retirer.

Aït Baja insiste sur le rôle essentiel de l'artiste engagé sur le long terme, qui participe activement à la vie militante. La création de la Fédération des artistes RNIstes s'inscrit dans cette logique, offrant un cadre pour une participation politique structurée et durable, loin d'être un simple regroupement électoraliste. Il rejette l'idée de réduire les créateurs à de simples figures médiatiques dont on userait pour attirer l'attention avant de les écarter. Au contraire, il estime que les artistes possèdent une capacité unique à analyser les dynamiques sociétales, à exprimer les préoccupations citoyennes et à enrichir le débat public.

Enfin, Saïd Aït Baja perçoit sa notoriété non comme un avantage électoral, mais comme une responsabilité envers le public qui lui a accordé sa confiance. Une audience importante confère à la parole de l'artiste une portée publique qui l'oblige à assumer pleinement les positions qu'il défend. Il s'engage ainsi à mettre sa visibilité au service de convictions personnelles et d'un projet politique auquel il adhère, affirmant la profondeur de l'engagement des artistes dans cette période électorale cruciale.

Source originale : fr.hespress.com

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