L'ÉCHO DU MATIN
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« Super El Niño » : dans le sud de l’Angola, le spectre d’une nouvelle sécheresse

Le sud de l'Angola se retrouve une fois de plus sous la menace d'une grave sécheresse, un spectre ravivé par les prévisions liées au phénomène météorologique "Super El Niño". Cette région, et en particulier la province de Huila, conserve la mémoire douloureuse des crises climatiques passées qui ont profondément marqué les populations et l'économie locale. L'éventualité d'une répétition des événements récents suscite une vive inquiétude parmi les habitants et les observateurs.

Il y a à peine quelques années, le 16 février 2020, un paysage désolé près de Lubango illustrait déjà l'ampleur d'une précédente sécheresse. À cette période, la province de Huila était frappée de plein fouet par un manque d'eau chronique qui avait tari la quasi-totalité des sources vitales. Les conséquences furent dramatiques pour l'agriculture, avec des récoltes dévastées, plongeant de nombreuses familles dans une situation précaire. Ce fléau ne s'était d'ailleurs pas limité à l'Angola, affectant l'ensemble de la vaste région de l'Afrique australe.

Aujourd'hui, l'ombre d'un "Super El Niño" planant sur la région rappelle cette vulnérabilité persistante. Ce phénomène climatique, caractérisé par des températures de surface de l'océan Pacifique anormalement élevées, est connu pour perturber les régimes de précipitations mondiaux, entraînant souvent des épisodes de sécheresse intense dans certaines parties de l'Afrique. Pour des communautés largement dépendantes de l'agriculture pluviale, une telle perspective représente une menace directe pour leur sécurité alimentaire et leurs moyens de subsistance.

La répétition potentielle de telles conditions climatiques extrêmes met en lumière la fragilité des écosystèmes locaux et la nécessité de renforcer la résilience des populations. La dévastation des récoltes et l'assèchement des points d'eau ne sont pas de simples revers ; ils peuvent entraîner des déplacements de populations, une augmentation de la malnutrition et des tensions sociales. La région peine encore à se remettre complètement des impacts des épisodes précédents, rendant toute nouvelle crise particulièrement difficile à gérer.

Face à ce scénario préoccupant, la vigilance est de mise. Les autorités et les organisations humanitaires se préparent à faire face aux conséquences potentielles d'une nouvelle période de sécheresse. L'expérience passée souligne l'urgence d'anticiper et de mettre en œuvre des stratégies adaptées pour protéger les communautés les plus exposées et atténuer les effets dévastateurs sur la vie quotidienne des Angolais du sud.

Source originale : lemonde.fr

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