Washington a de nouveau refusé d'accorder des visas à plusieurs hauts responsables de l'Autorité palestinienne, y compris son président Mahmoud Abbas, en prévision de l'Assemblée générale des Nations unies. Cette décision, annoncée mercredi par le département d'État américain dans un communiqué, marque la deuxième année consécutive où l'administration américaine prive le dirigeant palestinien de sa participation physique à cet événement diplomatique majeur.
Les États-Unis justifient cette mesure en accusant les autorités palestiniennes de compromettre les efforts de paix. Parmi les griefs évoqués figurent l'incapacité à mener des réformes promises à Washington, ainsi que des actions jugées préjudiciables aux perspectives de résolution du conflit israélo-palestinien. Le département d'État reproche notamment à l'Autorité palestinienne de chercher à internationaliser le conflit en s'appuyant sur des instances comme la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice (CIJ), et de contourner les négociations directes.
En outre, Washington pointe du doigt la poursuite du versement d'allocations à des individus considérés comme des terroristes et la glorification d'actes terroristes, tant dans les déclarations publiques que dans les manuels scolaires. L'année précédente, cette interdiction de visa avait déjà contraint le président Abbas, pourtant un habitué des tribunes onusiennes, à s'exprimer devant l'Assemblée générale par vidéoconférence. Une source proche du dossier a confirmé que le président de l'Autorité palestinienne était bien visé par cette reconduction des sanctions.
Cette position américaine contraste fortement avec la démarche de nombreux pays. En effet, l'année dernière, 142 États membres des Nations unies ont reconnu l'existence d'un État de Palestine. Cette reconnaissance avait été entérinée à l'issue d'une conférence axée sur la solution à deux États, coprésidée par la France et l'Arabie saoudite, soulignant une divergence notable avec la ligne diplomatique de Washington.
Cette annonce intervient dans un contexte de tensions exacerbées en Cisjordanie. Les violences perpétrées par des colons israéliens contre des Palestiniens ont connu une recrudescence significative ces derniers mois. Le territoire est occupé par Israël depuis 1967, et les affrontements se sont intensifiés depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché le conflit actuel dans la bande de Gaza. Selon un décompte de l'AFP basé sur les données du ministère palestinien de la Santé, au moins 1 109 Palestiniens, civils et combattants, ont été tués par des soldats ou colons israéliens depuis cette date.
Face à ces violences, la communauté internationale a exprimé son inquiétude, tandis que les États-Unis sont restés relativement discrets, se contentant d'affirmer leur opposition à toute annexion du territoire palestinien. La décision de Washington de refuser les visas renforce ainsi l'isolement diplomatique de l'Autorité palestinienne sur la scène américaine, à un moment où la région est plus que jamais sous tension.
