Le gouvernement français s'apprête à lancer, ce premier octobre, un nouveau rendez-vous économique majeur : le sommet "Choose Outre-mer". Organisé à la Banque de France à Paris, cet événement ambitieux vise à attirer les investisseurs internationaux vers les territoires ultramarins, dans la lignée du succès rencontré par "Choose France" pour l'Hexagone. Parmi les atouts phares que Paris entend mettre en lumière, les vastes ressources de nickel de la Nouvelle-Calédonie occupent une place centrale. Cependant, derrière cette ambition se cache une réalité plus complexe pour la filière calédonienne, confrontée à de profondes fragilités.
L'objectif affiché de ce sommet est clair : dynamiser la création de richesses et d'emplois dans les départements et collectivités d'outre-mer. En présentant un panorama des opportunités d'investissement, le gouvernement espère susciter l'intérêt de capitaux privés, essentiels au développement économique local. Les gisements de nickel de Nouvelle-Calédonie, parmi les plus importants au monde, sont naturellement perçus comme un moteur potentiel de cette relance, promettant des retombées économiques significatives pour l'archipel.
Pourtant, la mise en avant du nickel calédonien intervient dans un contexte particulièrement délicat. La filière minière et métallurgique a en effet été considérablement fragilisée au cours des dernières années. Des blocages récurrents et des épisodes de vives tensions politiques ont perturbé l'activité, engendrant une incertitude préjudiciable aux opérations et aux investissements à long terme. Cette instabilité a érodé la confiance et a rendu l'exploitation de cette ressource moins prévisible, posant un défi majeur pour les autorités qui cherchent à rassurer les futurs partenaires.
Sur place, en Nouvelle-Calédonie, les avis sont partagés quant à l'avenir de cette industrie emblématique. À Thio, dans le sud-est de l'île, se trouve la plus ancienne mine de nickel de la planète, dont l'activité est malheureusement à l'arrêt depuis 2024. Si certains habitants nourrissent l'espoir d'une reprise de l'extraction, synonyme de retour à l'emploi et de prospérité, nombreux sont ceux qui estiment aujourd'hui que la stratégie ayant consisté à tout miser sur le nickel fut une erreur. Cette dépendance économique monoculturelle est désormais perçue comme une source de vulnérabilité, exacerbant les crises sociales et politiques.
Le sommet "Choose Outre-mer" devra donc naviguer entre la promotion du potentiel économique indéniable de la Nouvelle-Calédonie et la reconnaissance des défis structurels de sa filière nickel. Attirer les investisseurs sera une étape cruciale, mais le succès à long terme dépendra également de la capacité à stabiliser le climat politique et à repenser un développement économique plus diversifié et résilient pour le territoire. L'enjeu est de taille pour l'avenir de l'archipel.
