L'Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) a récemment dévoilé les résultats préliminaires de son « Baromètre de la représentativité politique des femmes », mettant en lumière des lacunes persistantes dans l'accompagnement et l'investiture des candidates au sein des partis politiques. L'étude, qui a analysé douze formations politiques à travers quinze indicateurs clés du parcours électoral féminin, révèle qu'une simple augmentation de la présence des femmes dans les urnes ne suffit pas à garantir une participation politique efficace ni un accès équitable aux responsabilités électives. Les mécanismes internes des partis peinent encore à soutenir pleinement l'autonomisation politique féminine.
Un constat majeur du baromètre concerne le manque de transparence, qui demeure un frein considérable. L'étude indique que 41,7 % des partis ne fournissent pas d'informations adéquates pour évaluer la clarté des critères de sélection des candidates dans les circonscriptions régionales. Plus alarmant encore, une écrasante majorité, soit 91,7 % des formations politiques, ne divulgue aucune donnée sur les dispositifs de soutien financier offerts aux femmes candidates. Cette opacité rend particulièrement ardue l'évaluation de l'équité des conditions de compétition électorale pour les femmes et soulève des questions sur l'égalité des chances.
L'analyse de l'engagement des partis en faveur de l'autonomisation politique des femmes présente des résultats mitigés. Le baromètre révèle que 58,3 % des formations obtiennent un niveau faible concernant l'accumulation d'expérience pour les candidatures féminines, contrastant avec seulement 25 % classées au niveau bon. Une tendance similaire est observée dans l'intégration de la promotion politique des femmes au sein des stratégies partisanes, où la moitié des partis se situent à un niveau faible. Concernant les positions des partis sur la réforme électorale et l'intégration des principes d'égalité et de parité, 41,7 % sont jugés faibles, soulignant un décalage entre les engagements affichés et les pratiques concrètes.
La question des investitures est identifiée comme un point nodal, agissant souvent comme un filtre opaque. Bien que 33,3 % des partis affichent un bon niveau de transparence pour les critères de sélection des candidates dans les circonscriptions régionales, un pourcentage significatif de 41,7 % reste inévaluable faute d'informations disponibles. L'ADFM insiste sur le fait que cette absence de documentation claire et accessible compromet l'égalité des chances dans l'accès aux candidatures. L'association relève par ailleurs que certaines observations suggèrent une possible influence de considérations financières dans quelques processus d'investiture, tout en précisant que les données actuelles ne permettent pas de généraliser cette pratique à l'ensemble des formations.
En conclusion, les résultats préliminaires de ce baromètre soulignent la persistance de barrières systémiques au sein des partis politiques qui entravent une participation politique féminine pleine et entière. Malgré une présence accrue des femmes dans les compétitions électorales, des efforts substantiels sont encore nécessaires pour renforcer la transparence, les mécanismes de soutien et l'équité des investitures, afin de garantir une réelle égalité des chances et une représentativité politique féminine significative.
