L'ÉCHO DU MATIN
Maghreb

Gouvernement : le RNI refuse de faire pression pour participer, tout en laissant la porte ouverte

Gouvernement : le RNI refuse de faire pression pour participer, tout en laissant la porte ouverte

Alors que les consultations pour la formation du prochain gouvernement se poursuivent activement, le Rassemblement national des indépendants (RNI) adopte une posture stratégique empreinte de prudence. Le parti s'abstient de revendiquer une place au sein du futur exécutif ou de préfigurer un éventuel passage dans l'opposition, préférant laisser les discussions en cours façonner la configuration de la majorité à venir. Cette ligne directrice, visant à conserver toutes les options ouvertes, est gérée par son président, Mohamed Chouki, mandaté pour agir dans l'intérêt national.

Pourtant, cette apparente unité ne masque pas un débat interne bien réel. Lors de la réunion du Conseil national du RNI, tenue samedi à Rabat, certaines voix se sont prononcées en faveur d'une option d'opposition. Ces membres estiment qu'une telle position pourrait s'avérer plus cohérente au vu des résultats des récentes élections législatives et du nouveau paysage politique et parlementaire. Il est cependant important de souligner que cette tendance ne constitue pas la position officielle du parti, dont le Conseil national a déjà affirmé la disponibilité à prendre part au gouvernement.

La stratégie actuelle du RNI est résumée par un responsable du parti, qui insiste sur le fait que "l'important à cette étape est que la faute ne vienne pas de nous". Par cette formule, le RNI entend éviter d'apparaître comme une formation cherchant à imposer sa présence au sein de la future équipe gouvernementale. Le parti ne souhaite ni exercer de pression pour obtenir une participation, ni anticiper l'issue des consultations en annonçant son ralliement à l'opposition. Il privilégie une approche réactive, se déterminant en fonction de la configuration qui émergera du dialogue entre les différentes forces politiques.

Cette posture place de facto le Parti Authenticité et Modernité (PAM), arrivé en tête des dernières élections, au cœur du processus de construction de la majorité. La responsabilité de définir les contours de la prochaine coalition revient donc prioritairement à la formation dirigée par Fatima-Zahra El Mansouri, chargée des consultations. Le RNI, quant à lui, refuse de se positionner en force dans les négociations, écartant pour l'heure toute discussion autour des portefeuilles ministériels ou des postes à pourvoir, ce sujet n'étant pas considéré comme une priorité.

En dépit de cette absence de pression, l'option gouvernementale n'est nullement abandonnée par le RNI. Le parti de la Colombe demeure ouvert à une intégration dans la future majorité, en accord avec la position arrêtée par son Conseil national. Toutefois, cette disponibilité reste conditionnée à l'évolution des pourparlers et à la configuration finale de la coalition. Le débat interne sur la participation continue d'animer les rangs du parti, reflétant la complexité de l'échiquier politique actuel et la volonté de prendre une décision éclairée, conforme aux enjeux du pays.

Source originale : fr.hespress.com

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