L'ÉCHO DU MATIN
Géopolitique

Au Yémen, les Houthis affichent leur sérénité face à la contre-offensive soutenue par Riyad

Au Yémen, les Houthis affichent leur sérénité face à la contre-offensive soutenue par Riyad

Les forces gouvernementales yéménites, soutenues activement par une coalition dirigée par Riyad, ont annoncé une contre-offensive d'envergure face aux rebelles Houthis. Cette opération, qualifiée de "stratégique" par les autorités, intervient après plusieurs semaines de reculs pour les troupes loyalistes face aux gains territoriaux significatifs des insurgés pro-iraniens. Si les forces gouvernementales revendiquent des avancées sur divers fronts, les Houthis démentent toute perte de terrain, affichant une certaine sérénité face à cette nouvelle dynamique. L'enjeu de cette confrontation réside dans la capacité à modifier l'équilibre des pouvoirs dans le conflit yéménite.

Depuis la rupture du cessez-le-feu en juillet 2022, les Houthis ont intensifié leurs opérations, ciblant aussi bien les troupes gouvernementales que le territoire saoudien, allant jusqu'à évoquer un blocus maritime. Le mois de septembre a été particulièrement marqué par leurs progrès notables. Après s'être emparés de Mokha, sur la côte occidentale, ils ont étendu leur contrôle jusqu'au stratégique détroit de Bab el-Mandeb. Cette mainmise renforce leur emprise sur une voie maritime vitale, connectant la mer Rouge au golfe d'Aden et constituant un passage essentiel pour le commerce international entre l'Asie et l'Europe via le canal de Suez. Plus récemment, les combats se sont déplacés vers Taëz, dans le sud-ouest du pays, où les Houthis ont encerclé la ville et coupé un axe de communication crucial la reliant à Aden, siège du gouvernement reconnu par la communauté internationale.

C'est pour enrayer cette progression que le président yéménite Rachad al-Alimi a déclenché l'opération "Aube du Yémen" le dimanche 4 octobre. L'objectif est de reprendre les territoires récemment perdus, notamment autour de Mokha et du détroit de Bab el-Mandeb, mais aussi de récupérer Sanaa, la capitale aux mains des rebelles depuis 2014. Selon le général Mohammed al-Hakim, basé à Aden, cette initiative marque un tournant, signalant le passage d'une simple gestion du conflit à une stratégie proactive visant à mettre fin au "coup d'État" des Houthis. Les forces gouvernementales affirment avoir déjà progressé dans la région de Taëz et sur plusieurs secteurs du littoral de la mer Rouge.

La coalition internationale, dirigée par Riyad et soutenant le gouvernement yéménite depuis 2015, a confirmé sa participation active à l'opération. Elle a déclaré fournir un soutien aérien continu, 24 heures sur 24, aux forces armées yéménites au sol. Le général Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition, a précisé que cent avions de combat avaient été déployés et que 324 cibles de haute valeur avaient été détruites. La coalition assure également la protection aérienne du détroit de Bab el-Mandeb. Les combats seraient d'une rare intensité, avec un bilan rapporté de 270 morts en seulement 24 heures, selon des sources militaires citées par l'AFP. De leur côté, les Houthis réfutent catégoriquement avoir subi des revers, insistant sur le maintien de leurs positions conquises, ce qui alimente une divergence significative dans les récits des belligérants.

Cette nouvelle phase du conflit, caractérisée par une offensive gouvernementale d'ampleur et un soutien aérien massif de la coalition, met en lumière la persistance des tensions au Yémen. Alors que les forces loyalistes cherchent à inverser la tendance, les rebelles Houthis contestent l'efficacité de cette contre-offensive. L'évolution du rapport de force reste incertaine, et l'issue de ces affrontements pourrait redéfinir les équilibres stratégiques dans la région.

Source originale : france24.com

← Lire L'Écho du Matin en entier