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"On est à quelques mois" de rattraper les géants américains de l'intelligence artificielle, assure Arthur Mensch, PDG de la société française Mistral

"On est à quelques mois" de rattraper les géants américains de l'intelligence artificielle, assure Arthur Mensch, PDG de la société française Mistral

Le PDG de la société française Mistral, Arthur Mensch, a récemment exprimé une ambition audacieuse, affirmant que son entreprise est à quelques mois seulement de rivaliser avec les leaders américains de l'intelligence artificielle. Lors d'une intervention sur France Inter le jeudi 8 octobre, il a détaillé les avancées significatives de Mistral, soulignant l'importance cruciale pour l'Europe de développer sa propre capacité dans ce domaine en pleine expansion.

Cette confiance s'appuie sur des développements majeurs au sein de Mistral. La société a récemment annoncé une nouvelle levée de fonds de trois milliards d'euros en septembre, un investissement conséquent qui soutient l'innovation. De plus, elle a dévoilé mardi son dernier modèle, baptisé Mistral Large 4 (ML4). Arthur Mensch le décrit comme un véritable "saut technologique", expliquant qu'il a été entraîné sur une puissance de calcul considérablement accrue, lui permettant d'exécuter des tâches complexes de manière autonome pendant de longues périodes. Ces nouvelles capacités sont particulièrement prometteuses pour les mathématiques, un domaine où Mistral prévoit de devenir "bien meilleur" dans les mois à venir, suivant l'exemple d'acteurs comme OpenAI qui ont déjà publié des centaines de résultats mathématiques inédits.

Au-delà des performances techniques, le dirigeant de Mistral insiste sur la nécessité pour l'Europe de maîtriser cette technologie. Selon lui, ces capacités sont "indispensables" pour l'ensemble de la recherche fondamentale, qu'il s'agisse des mathématiques, de la biologie ou de la physique. Il alerte sur le risque de dépendance si le continent ne produit pas ses propres outils d'intelligence artificielle, craignant de devoir importer des solutions américaines dont les modèles sont souvent propriétaires et dont la recherche est menée de manière opaque, sans partage avec la communauté scientifique ouverte. Pour garantir une recherche fondamentale dynamique et autonome en Europe, la production locale d'IA est donc essentielle.

Interrogé sur les inquiétudes concernant une potentielle menace existentielle de l'IA pour l'humanité, une crainte soulevée par certains experts, Arthur Mensch se montre catégorique, qualifiant cette perspective de dénuée de sens et non pertinente face aux défis actuels. Il préfère attirer l'attention sur un risque bien plus concret et immédiat : celui de la "concentration" du pouvoir dans le secteur de l'intelligence artificielle. Le PDG de Mistral s'alarme que le coût exorbitant du développement de ces modèles puisse aboutir à un oligopole de deux ou trois entreprises mondiales, capables de dicter l'évolution technologique et de monopoliser la croissance économique. Il craint que ces acteurs dominants n'utilisent les préoccupations de sécurité comme prétexte pour limiter la concurrence et asseoir leur hégémonie.

En somme, Arthur Mensch positionne Mistral non seulement comme un acteur technologique ambitieux visant l'excellence, mais aussi comme un pilier stratégique pour l'autonomie et la compétitivité européenne dans le paysage mondial de l'IA. Son message est clair : l'avenir de la recherche et de l'innovation en Europe dépendra de sa capacité à développer ses propres intelligences artificielles, tout en veillant à éviter les pièges d'une concentration excessive du marché.

Source originale : franceinfo.fr

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