Une nouvelle frappe russe meurtrière a endeuillé la ville de Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine, ce jeudi 8 octobre. Des bombardements ont visé deux autobus, causant la mort d'au moins trente personnes et blessant dix-huit autres, selon les autorités ukrainiennes. Cet événement s'inscrit dans une série d'attaques intenses sur le territoire ukrainien, qui ont également touché la capitale, Kiev, au lendemain d'un assaut d'ampleur en périphérie.
La ville de Kramatorsk, située à une dizaine de kilomètres seulement de la ligne de front dans le Donbass, revêt une importance stratégique majeure pour les forces ukrainiennes. Elle sert notamment de centre logistique essentiel pour l'armée dans la région de Donetsk, épicentre des combats et zone où l'Ukraine mène une contre-offensive depuis plusieurs semaines, affirmant avoir regagné du terrain. Face à la régularité des frappes russes, souvent menées avec de puissantes bombes planantes, le gouverneur régional, Vadym Filachkine, a renouvelé son appel à l'évacuation des civils de cette zone. Le parquet ukrainien a d'ores et déjà ouvert une enquête préliminaire pour « crime de guerre » suite à cette attaque.
Ces événements surviennent dans un contexte d'escalade des hostilités. La veille des frappes sur Kramatorsk, une offensive russe d'envergure avait déjà causé la mort de trente-deux personnes et blessé une centaine d'autres dans la banlieue de Kiev, un acte qualifié d'« odieux » par le président Volodymyr Zelensky. La capitale elle-même n'a pas été épargnée, enregistrant le décès de trois personnes supplémentaires lors de récents bombardements.
En parallèle, l'Ukraine a intensifié ses propres frappes sur le territoire russe. Un centre de données du géant technologique russe Yandex, surnommé le « Google russe », a été touché par un drone ukrainien dans la région de Ryazan, provoquant un incendie et perturbant ses services. L'entreprise a confirmé l'arrêt total des opérations du centre affecté. Kiev justifie ces actions, notamment sur les infrastructures énergétiques et logistiques russes, comme une réponse légitime aux attaques dévastatrices quasi-quotidiennes menées par Moscou depuis le début de l'offensive en février 2022.
Le conflit continue ainsi de faire des victimes civiles et de cibler des infrastructures vitales des deux côtés, alimentant un cycle de violence qui ne semble pas près de s'arrêter.