L'ÉCHO DU MATIN
Finance

"On n'a pas perdu le combat [de l'A69]. On a gagné pas mal de choses, ne serait-ce que dans les esprits", assure le collectif La Voie est libre

Le collectif "La Voie est libre", fervent opposant à l'autoroute A69, maintient sa mobilisation dans le Tarn, affirmant n'avoir pas "perdu le combat" mais plutôt gagné du terrain "dans les esprits". Une manifestation "festive" est organisée du 9 au 11 octobre, à seulement un kilomètre du tracé de l'autoroute, afin de poursuivre la contestation avant l'ouverture de ce nouvel axe reliant Castres à Toulouse.

Gilles Garric, porte-parole du collectif, a souligné sur ICI Occitanie que cette mobilisation ne constitue pas un "baroud d'honneur", mais s'inscrit dans une lutte continue. Les opposants se sont installés dès jeudi dans le Tarn, préparant trois jours de rassemblement. M. Garric a invité le public à participer "joyeusement" à cet événement, potentiellement l'un des derniers avant la mise en service de l'A69.

Au cœur des critiques du collectif figure le caractère jugé "écocide", "inutile" et "très cher" du projet. L'annonce récente des tarifs de péage a renforcé leur détermination. Pour un trajet complet entre Verfeil en Haute-Garonne et Castres dans le Tarn, les automobilistes devront débourser 8,50 euros à l'aller, soit 17 euros pour un aller-retour. Gilles Garric dénonce des "prix exorbitants", prédisant que l'A69 deviendra une "autoroute fantôme" que "personne n'utilisera". Il met en perspective ces coûts en rappelant qu'une distance équivalente vers Albi coûte 3,40 euros l'aller-retour, et qu'un trajet en bus entre Toulouse et Castres s'élève à 3 euros. En conséquence, le collectif appelle d'ores et déjà au boycott de l'infrastructure.

Par ailleurs, l'ouverture de l'autoroute A69, initialement prévue pour le 15 octobre, accuse un retard d'un an. Atosca, le concessionnaire, n'a pas encore communiqué de date officielle pour l'inauguration, et les services de l'État continuent de travailler sur les finitions du chantier. L'incertitude plane donc sur le calendrier de mise en service de cet axe routier controversé.

Malgré l'avancement des travaux et l'imminence de l'ouverture, le collectif "La Voie est libre" ne baisse pas les bras. Gilles Garric insiste sur le fait que la lutte se poursuivra, forte d'avoir, selon lui, réussi à démontrer les failles du projet dans l'opinion publique. Le mouvement entend capitaliser sur cette prise de conscience collective pour maintenir la pression et continuer de contester la pertinence de l'A69.

Source originale : franceinfo.fr

← Lire L'Écho du Matin en entier