Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a ravivé le débat sur l'ingérence russe dans le référendum sur le Brexit de 2016, affirmant lundi que l'intervention de Moscou était avérée. Cette déclaration intervient alors que le dirigeant travailliste, en fonction depuis juillet, s'apprête à plaider pour un rapprochement pragmatique avec l'Union européenne devant les députés, relançant ainsi les discussions sur la future orientation du Royaume-Uni.
S'exprimant lors du podcast « The Rest Is Politics » diffusé ce lundi, M. Burnham a expliqué avoir directement interrogé les services compétents à son arrivée à Downing Street, recevant une confirmation sans équivoque de cette ingérence. « J'ai posé la question : y a-t-il eu une ingérence de la Russie dans le référendum de 2016 ? Et j'ai reçu une réponse claire : oui, il y en a eu une », a-t-il déclaré. Pour le Premier ministre, il est crucial d'établir ces faits afin d'aider les citoyens européens, notamment en Allemagne et en France, à comprendre que certaines dynamiques politiques sont « attisées par nos ennemis, à savoir la Russie ».
Cependant, une nuance a été apportée par le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Stephen Doughty, qui a déclaré que les tentatives d'ingérence de Moscou en 2016 n'avaient « pas réussi » à atteindre leurs objectifs. M. Burnham a également mentionné une discussion avec le chancelier allemand Friedrich Merz, qui lui aurait confié que le parti anti-migrants et pro-russe AfD serait « clairement lié à la Russie, financé » par Moscou. Ces préoccupations s'inscrivent dans une stratégie plus large du gouvernement britannique, qui a annoncé en septembre la création d'une organisation dédiée à la lutte contre la désinformation émanant d'« acteurs hostiles » comme la Russie.
Ces révélations interviennent alors que le Premier ministre doit s'adresser aux députés ce lundi après-midi pour aborder l'avenir des relations entre Londres et les Vingt-Sept. Il devrait les exhorter à faire preuve de « pragmatisme » et à ne pas « tourner le dos à la possibilité de conclure un nouvel accord avec l'Union européenne », susceptible de stimuler la croissance économique et de mieux lutter contre l'immigration illégale, selon un communiqué de Downing Street.
Cette approche marque une évolution notable, M. Burnham ayant déjà évoqué fin septembre la possibilité d'un retour du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne, une première pour un chef de gouvernement britannique depuis la sortie du bloc. Il avait alors présenté quatre options : maintenir le statu quo, réintégrer l'union douanière, le marché unique, ou bien envisager une réintégration complète de l'UE.
Entre la mise en lumière d'anciennes ingérences et la quête d'un avenir plus intégré avec l'Europe, le gouvernement de M. Burnham semble déterminé à redéfinir la place du Royaume-Uni sur la scène continentale, ouvrant un nouveau chapitre potentiellement riche en débats et en évolutions.
