L'ÉCHO DU MATIN
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Nvidia entre au capital du français Doctolib pour "lancer la révolution de l’IA en Europe"

Le géant américain des semi-conducteurs Nvidia s'apprête à injecter des fonds dans la plateforme française de e-santé Doctolib, une manœuvre stratégique que son PDG, Jensen Huang, a qualifiée de "lancement de la révolution de l'intelligence artificielle en Europe". Cette annonce intervient alors que M. Huang, de passage à Paris, n'a pas manqué de souligner le retard du continent européen dans le domaine de l'IA. Avec une valorisation boursière frôlant les 6 000 milliards de dollars, Nvidia, l'entreprise la plus cotée au monde, est activement à la recherche de pépites technologiques européennes, et Doctolib représente un choix de taille.

Doctolib, un fleuron français lancé il y a treize ans, s'est imposé comme un acteur majeur de la santé numérique en Europe. La plateforme est aujourd'hui utilisée par 100 millions de patients et près de 600 000 professionnels de santé. Sa valorisation dépasse les 3,5 milliards d'euros, et ses dirigeants affirment que l'entreprise est désormais rentable. L'investissement de Nvidia, dont le montant exact n'a pas été divulgué, confère à l'Américain une participation minoritaire, sans pour autant lui octroyer de siège au conseil d'administration de Doctolib.

Cette contribution de Nvidia n'est pas uniquement financière. Les fonds sont destinés à accélérer le développement de Doctolib, notamment par le recrutement d'ingénieurs spécialisés en IA. L'objectif est d'accélérer le déploiement de son futur assistant virtuel pour patients, conçu pour répondre à leurs questions de santé et les accompagner dans leur parcours de soins. Déjà en phase d'expérimentation auprès de 400 000 Français, cet assistant devrait être généralisé l'année prochaine. Au-delà de l'apport en capital, Nvidia mettra à disposition sa technologie de pointe pour aider Doctolib à entraîner ses propres modèles d'intelligence artificielle, s'appuyant sur une collaboration technique déjà établie depuis un an via l'utilisation des puces Nvidia.

Toutefois, cette alliance soulève des questions cruciales concernant la souveraineté des données. Doctolib gère des millions d'informations sensibles, incluant les rendez-vous médicaux, les parcours de soins, les données saisies par les médecins, les antécédents médicaux et les ordonnances. Ces données, d'une valeur inestimable, sont certes anonymisées pour l'entraînement des intelligences artificielles. Néanmoins, la perspective d'une implication accrue d'une entreprise américaine dans la gestion de ces informations sensibles suscite des interrogations quant à leur potentielle captation.

En somme, l'entrée de Nvidia au capital de Doctolib marque une étape significative pour l'ambition européenne de l'intelligence artificielle, promettant des avancées technologiques substantielles pour la santé numérique. Cependant, cet investissement stratégique met également en lumière les défis inhérents à la protection et à la gestion des données médicales dans un contexte de collaboration transatlantique.

Source originale : franceinfo.fr

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