La capitale saoudienne, Riyad, est confrontée depuis plus d'une semaine à une série d'attaques quotidiennes menées par les rebelles Houthis du Yémen. Cette escalade dans la fréquence et l'intensité des frappes perturbe profondément l'agenda culturel, sportif et diplomatique du royaume, érodant ainsi ses efforts de "soft power" visant à projeter une image de modernité et d'ouverture sur la scène internationale. Les autorités saoudiennes ont été contraintes d'annoncer plusieurs reports d'événements majeurs, soulignant l'impact direct de la situation sécuritaire.
Parmi les rendez-vous affectés, le prestigieux tournoi exhibition de tennis "Six Kings Slam" a été repoussé. Initialement programmé du 21 au 24 octobre, cet événement, qui devait réunir des stars mondiales du circuit telles que Carlos Alcaraz et Novak Djokovic, a été reporté de deux mois, aux 27-30 décembre. L'organisateur, Ryad Season, a communiqué cette décision via les réseaux sociaux, confirmant que la compétition, dont la diffusion était prévue sur Netflix, attendra une période plus propice.
Le monde du football n'est pas épargné par ces perturbations. La Ligue saoudienne a également annoncé le report de trois rencontres de la neuvième journée de championnat. Des matches impliquant des équipes de premier plan comme Al-Hilal, Al-Ittihad et Al-Nassr, où évolue la superstar Cristiano Ronaldo, ont été décalés, certains à des dates étonnamment lointaines, comme le 6 mars 2027 pour Al-Ahli contre Al-Nassr. Si la Ligue invoque officiellement des "raisons logistiques" et la nécessité de respecter des "périodes de repos", ces modifications surviennent peu après qu'un match de Ligue des champions d'Asie à Riyad ait été retardé suite à l'interception d'un missile houthi.
Sur le plan diplomatique et économique, la conférence internationale sur l'investissement, surnommée le "Davos du désert", est maintenue du 26 au 29 octobre, mais son format a été adapté. Face aux menaces, l'événement adoptera une formule hybride, mêlant présentiel et distanciel. Des sources diplomatiques ont même révélé que les autorités saoudiennes proposent des acheminements complexes pour certains participants, incluant des avions privés vers des villes voisines comme Manama ou Doha, suivis d'un transport terrestre vers Riyad. Cette situation a conduit au désistement d'au moins un dirigeant d'entreprise occidental, préoccupé par la sécurité.
Ces incidents répétés et leurs conséquences sur l'agenda national mettent en lumière la vulnérabilité du royaume face aux attaques persistantes des rebelles yéménites. Les efforts considérables de l'Arabie saoudite pour attirer l'attention mondiale via des événements de grande envergure se trouvent ainsi directement contrecarrés, questionnant la perception de stabilité et de sécurité essentielle à sa stratégie de rayonnement international.