Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, s'est exprimé ce vendredi 16 octobre sur Franceinfo, abordant à la fois les critiques syndicales concernant l'usage des armes par les forces de l'ordre et les préparatifs sécuritaires en vue de la journée de mobilisation nationale prévue le lendemain. Sa prise de parole intervient alors que l'État fait face à une plainte du syndicat de police Alliance, et à la veille d'importantes manifestations contre la vie chère.
Concernant la plainte du syndicat Alliance, le ministre a reconnu que des directives restreignant l'emploi de certaines catégories d'armes avaient pu être émises. Le syndicat avait en effet exprimé de vives préoccupations, évoquant des risques pour la sécurité des individus et des consignes incohérentes concernant l'utilisation d'équipements en manifestation. Laurent Nuñez a toutefois insisté sur la nécessité de ne pas proscrire l'usage d'armes intermédiaires, jugées essentielles au maintien de l'ordre public. Il a également assuré avoir procédé à un ferme rappel à l'ordre et a réaffirmé sa confiance dans les instructions qu'il délivre.
Parallèlement, le ministre a détaillé les mesures et les prévisions pour la journée de mobilisation du samedi 17 octobre, qui s'annonce d'une ampleur notable. Initiée par des appels sur les réseaux sociaux et relayée par de nombreuses organisations syndicales et politiques, cette journée verra des actions se dérouler à travers le pays. Le ministère s'attend à une mobilisation significative, avec environ 250 appels à des actions de voie publique et l'organisation d'environ 80 cortèges déclarés. Laurent Nuñez a souligné l'importance cruciale de la déclaration préalable des manifestations pour en garantir le bon déroulement et la sécurité optimale.
Le ministre a également fait part de ses préoccupations quant aux débordements potentiels. Il a notamment pointé du doigt l'ultra-gauche, qu'il identifie comme un élément perturbateur fréquent en fin de cortège dans les grandes agglomérations telles que Paris, Rennes, Nantes, Toulouse ou Bordeaux. Ces groupes sont souvent responsables de dégradations et tentent de faire dégénérer les rassemblements, même lorsqu'ils sont déclarés. Face à ce risque, Laurent Nuñez a promis une vigilance extrême et une grande réactivité des forces de l'ordre pour prévenir et réprimer tout acte de violence ou de vandalisme.
En dépit de l'ampleur attendue, le ministre a tenu à distinguer cette mobilisation des événements comme le mouvement des Gilets jaunes de 2018. Il a mis en avant le caractère plus traditionnel des manifestations de voie publique déclarées, promues par les syndicats pour une "convergence des luttes", comme une voie privilégiée pour exprimer les revendications dans un cadre sécurisé. Le gouvernement se prépare donc à encadrer au mieux cette journée tout en maintenant sa fermeté sur la question du maintien de l'ordre.