L'ÉCHO DU MATIN
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Manifestations du 17 octobre : des commissariats saturés à Paris, des avocats critiquent "des traitements dégradants" en garde à vue

Les récents événements survenus à Paris ce week-end, marqués par une journée de mobilisation sociale le samedi 17 octobre, suivie de violences et de pillages qui se sont poursuivis le dimanche, ont entraîné une vague d'interpellations sans précédent. Cette situation a conduit à une saturation des commissariats de la capitale et de la petite couronne, suscitant de vives critiques de la part d'avocats qui dénoncent des conditions de garde à vue jugées "dégradantes" et contraires à la dignité humaine.

Selon les témoignages recueillis par l'AFP, les cellules de plusieurs postes de police étaient débordées. Alexis Baudelin, membre de la Legal Team Paris, un collectif spécialisé dans les violences policières, a fait état de personnes entassées les unes sur les autres. Il a également rapporté que, faute de place, certains individus auraient été menottés à des bancs pendant de longues heures, une pratique qu'il qualifie de "traitements dégradants" générant une "souffrance" inutile pour les détenus. Des situations similaires ont été observées dans le 7e et le 5e arrondissements, où des avocats ont décrit un encombrement "ingérable".

Dalia Frantz, une avocate ayant assisté des étudiants et un adolescent, a détaillé des conditions particulièrement précaires. Dans un commissariat, elle a constaté que dix-huit hommes étaient entassés dans une cellule prévue pour un nombre bien inférieur, avec seulement huit matelas pour l'ensemble du groupe. Du côté des femmes, douze personnes partageaient une même cellule. L'avocate a également rapporté le cas d'un mineur de 17 ans qui a passé la nuit avec sept autres adolescents dans une cellule ne disposant que d'un unique matelas, et qui n'avait pas eu accès à un repas au moment de son entretien le dimanche matin, des faits qu'elle qualifie de "conditions d'enfermement contraires à la dignité humaine".

Face à cet afflux, les avocats ont également pointé du doigt des dysfonctionnements dans les procédures. Alice Becker a souligné que les forces de l'ordre, manifestement dépassées, ne disposeraient pas des moyens nécessaires pour mener à bien leurs enquêtes et vérifier la validité des gardes à vue, entraînant des prolongations jugées abusives. Certains policiers auraient même répondu aux avocats qu'ils n'avaient pas le temps de les tenir informés du suivi judiciaire de leurs clients. Alexis Baudelin a, quant à lui, accusé les autorités de faire le choix de l'enfermement dans une optique de "répression", prévoyant que la grande majorité de ces gardes à vue se solderait par des classements sans suite.

À l'échelle nationale, le ministère de l'Intérieur a fait état d'environ 2 000 interpellations le samedi. Pour la seule région parisienne, la procureure de Paris, Laure Beccuau, a précisé que 557 personnes étaient encore en garde à vue le dimanche après-midi, dont 433 adultes. Ces chiffres soulignent l'ampleur des mesures prises, alors que plus de la moitié des gardes à vue ont été prolongées. Cette situation met en lumière les tensions auxquelles sont confrontés le système judiciaire et les forces de l'ordre lors de mouvements sociaux d'une telle envergure, tout en soulevant des questions cruciales sur le respect des droits fondamentaux des personnes interpellées.

Source originale : franceinfo.fr

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