À l'approche des élections législatives israéliennes, prévues le 27 octobre, le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu intensifie sa campagne en mettant en avant son étroite alliance avec l'ancien président américain Donald Trump. Dans un scrutin qui s'annonce particulièrement serré selon les dernières enquêtes d'opinion, le dirigeant israélien cherche à mobiliser son électorat en soulignant ses liens privilégiés avec les États-Unis.
Lundi 19 octobre, soit huit jours avant le vote crucial, Benjamin Netanyahu a diffusé sur ses réseaux sociaux un extrait d'un appel téléphonique avec Donald Trump. Au cours de cette conversation, rendue publique avec satisfaction par le bureau du Premier ministre, l'ancien président américain lui prédit une "victoire éclatante". Ce soutien médiatisé fait suite à une annonce de Donald Trump, faite la veille, dimanche, dans laquelle il exprimait son "soutien plein et entier" à Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre israélien, qui fait face à des critiques internes concernant les failles de sécurité ayant précédé les événements du 7 octobre et les répercussions internationales du conflit dévastateur à Gaza, s'appuie désormais sur cette relation pour rassurer les électeurs.
Dans la séquence partagée, la voix de Donald Trump est clairement audible via le haut-parleur du téléphone de Netanyahu. Le ton est élogieux, l'ancien président américain qualifiant son interlocuteur d'"homme que je veux à mes côtés" et de "grand guerrier". En retour, Benjamin Netanyahu exprime sa profonde gratitude, affirmant que Donald Trump est "de loin, le plus grand ami qu'Israël ait jamais eu et qu'il aura jamais à la Maison Blanche". Le Premier ministre a également évoqué une "mission à terminer", faisant implicitement référence à sa promesse électorale d'éliminer la menace iranienne, malgré une relation entre les deux hommes qui a connu des hauts et des bas par le passé, notamment après des actions conjointes comme le bombardement de l'Iran le 28 février, qui aurait déclenché une guerre au Moyen-Orient selon les informations fournies.
Ces élections marqueront le premier scrutin organisé en Israël depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Cette attaque a entraîné une riposte israélienne majeure dans la bande de Gaza, suivie, d'après les mêmes informations, par l'occupation d'une partie du Liban et des bombardements en Iran avec l'appui des États-Unis. Dans ce contexte tendu, Benjamin Netanyahu positionne sa relation avec le puissant allié américain comme un gage de sécurité et de stabilité pour le pays.
Cependant, l'impact réel de cet appui reste incertain. David Makovsky, chercheur associé au Washington Institute for Near East Policy, exprime des doutes quant à l'efficacité de ce soutien. Il souligne qu'un sondage récent indique que 71 % des Israéliens ne font pas confiance à Donald Trump sur la question iranienne. De plus, la figure de Benjamin Netanyahu elle-même est source de forte polarisation au sein de l'électorat israélien, ce qui pourrait limiter l'effet positif de cette alliance.
Alors que le compte à rebours avant le 27 octobre s'accélère, Benjamin Netanyahu mise sur cette démonstration d'amitié transatlantique pour conforter sa position. Les résultats de ce scrutin crucial dépendront de la capacité de cette stratégie à convaincre une population israélienne divisée face aux défis sécuritaires et politiques actuels.
